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EDITORIAL
Vous avez peut-être eu l'occasion de découvrir à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme et pendant plusieurs semaines la façade de la Conciergerie, à l'initiative de Madame le Bâtonnier Christiane Féral Schuhl et du Barreau de Paris : « Et si la femme était (aussi) l'avenir du droit ?... »

Face à la crise et aux évolutions de fond que nous sentons dans notre économie, il est important d'agir, de s'adapter, mais surtout d'aller de l'avant.

Il est indispensable d'utiliser toutes nos ressources vives, de faire feu de toutes les compétences disponibles et motivées.

Et, parmi celles-ci, il y a, notamment, les femmes.

La loi du 27 janvier 2011 a introduit un certain nombre de mesures devant permettre aux femmes de participer d'avantage à la vie de l'entreprise.

En premier lieu, elle a introduit certains outils visant à promouvoir l'égalité professionnelle et salariale au sein de l'entreprise en général. En effet, les conseils d'administration ou de surveillance des sociétés anonymes et sociétés en commandite par actions, cotées ou non, doivent désormais « délibérer » sur ce sujet (ce qui ne veut pas dire pour autant qu'ils soient obligés de prendre des décisions). Dans les sociétés ayant plus de 300 salariés, cette délibération se fait sur la base de deux documents prévus par le Code du travail, à savoir (i) un rapport sur la situation comparée des conditions générales d'emploi et de formation et (ii) un plan pour l'égalité professionnelle.

Mais, surtout, la disposition la plus « spectaculaire » de la loi, et qui a fait l'objet de nombreux débats passionnées, est celle ouvrant les conseils d'administration aux femmes.

En effet, cette loi a introduit un principe général de mixité dans la composition des conseils de ces mêmes formes de sociétés en imposant que ces organes soient composés « en recherchant une représentation équilibrée des femmes et des hommes », à savoir que :

• la proportion des membres de chaque sexe au sein du conseil ne peut être inférieure à 40% ;

• lorsque le conseil est composé au plus de huit membres, l’écart entre le nombre des membres de chaque sexe ne peut être supérieur à deux.

Sont concernées par cette obligation, d’une part, les sociétés cotées et, d’autre part, les sociétés dont la taille atteindra les seuils suivants durant trois exercices consécutifs à compter du 1er janvier 2017 :

• un effectif d’au moins 500 salariés permanents et

• un montant de chiffre d’affaires ou un total de bilan d’au moins 50 millions d’euros.

Si les sociétés cotées bénéficient d’une mesure transitoire (le pourcentage devra être d'au moins 20% à l’issue de la première assemblée générale ordinaire qui suivra le 1er janvier 2014), elles devront se conformer à la proportion des 40% susvisée à l’issue de la première assemblée générale ordinaire qui suivra le 1er janvier 2017.


Il faut embrasser à plein bras cette opportunité de créer une nouvelle impulsion dans les entreprises, pour qu'elle soit effectivement bénéfique. Il ne suffit pas qu'une loi existe, mais il nous appartient de la faire adopter et vivre au sein des entreprises.

Nous souhaitons vous accompagner dans cette évolution en réservant une matinée à toutes nos femmes clientes, mais en accueillant également les hommes qui le souhaitent.

Les femmes sont-elles confrontées à plus de difficultés que les hommes à qualité égale ?

Les femmes ont-elles le même esprit entrepreneurial que les hommes ?

Quand les femmes ont le pouvoir, qu'en font-elles ?

Nous ferons à cette occasion un rappel des dispositions législatives et aborderons non seulement les conseils d'administration, les comités de direction, les censeurs, mais également l'égalité et la diversité au sein des entreprises...

Nous vous proposerons également de faire part de vos expériences respectives et de partager l'expérience des femmes de pouvoir.

Mais aussi, et c'est tout aussi important, nous vous donnerons l'opportunité de faire de nouvelles rencontres et de « réseauter ».

D'ores et déjà, réservez votre matinée du 22 juin prochain dans votre agenda.


Il faut trouver au bas « maux » 1.400 milliards d’euros. Le non remplacement de milliers de fonctionnaires, la baisse des prestations sociales, y compris les retraites et l’allongement du temps de travail, la TVA sociale, la modération du train de vie de l’État, la réduction du nombre des conseillers des cabinets ministériels et 5 oscars n’y suffiront pas. Où alors trouver le solde sans agiotage proscrit par Angela ? Vendre des terres agricoles en Beauce, dans l’Aisne ou en Picardie aux chinois ? Pourquoi pas, ils ne pourront pas les délocaliser et la terre restera bien hexagonale, seules les récoltes annuelles de betteraves seront prélevées par l’étranger (la France a produit en 2011 4 millions de tonnes de betteraves à sucre, dont 2 millions pour le marché national et 2 millions pour l’étranger). Il suffit de leur louer les terres, comme les pandas pour 18 ans, selon un bail de fermage ou rural et pourquoi pas un bail emphytéotique non pas de 99 ans, mais de 18 ans au plus. Mais cela ne suffira toujours pas, à moins que les loyers soient particulièrement élevés et indexés sur la notation de S&P et nos vignobles ajoutés.

Le Qatar et son émir (Hamad ben Khalifa Al Thani) pourraient être appelés à la rescousse pour faire l’appoint. Ils sont friands de licences de produits de luxe. Voilà qui donne des idées. On leur licencie pêle-mêle Hermès, Dior, Chanel, le Panthéon, la Tour Eiffel, le CNRS, les droits de distribution sur The Artist, Intouchables, la SNCF, Michelin, Polytechnique et HEC. On délocalise nos actifs immatériels. Le Louvre est bien à Abu Dhabi, Pompidou à Metz, alors pourquoi pas HEC ou l’ESSEC à Shanghai ou Doha ?

Le Sultan de Brunei, Haji Sir Hassanal Bolkiah Muizzadin Waddaulah, qui fêtera son 66ème anniversaire le 15 juillet prochain, sera également sollicité, ainsi que les grands fonds souverains qui trinquent au pétrole.

Mais cela ne suffira toujours pas pour effacer 1.400 milliards d’euros, même si on vendait toutes les équipes de foot au Moyen Orient à l’instar du PSG. Il reste nos trésors artistiques, à l’instar des Joueurs de Cartes de Cézanne, dont une version vendue récemment à l’émir du Qatar a rapporté $250 millions. Évidemment, si la France possédait Apple et qu’un président socialiste pouvait la nationaliser à l’instar de ce qui s’est passé en 1981, cela résoudrait un tiers du problème. Autrement dit, comme la valorisation boursière est de 500 milliards de dollars, un tiers du chemin serait parcouru. Le raisonnement est un peu simpliste me direz-vous et j’en conviens. Évidemment, les 6 milliards de profit de BNP Paribas en 2011 ne suffiront pas, loin s’en faut pour éponger notre déficit abyssal, mais c’est mieux que les autres banques européennes.

Sur la base de ce prix unitaire pondéré de $280 million, il suffirait de soulager les caves du Louvre et autres musées nationaux de cinquante mille œuvres d’art. Faire de la place dans les réserves des musées de France (il y a près de 1500 lieux muséaux sous le contrôle scientifique et technique de l’État dans l’Hexagone) en vendant tout ce qui n’a pas tourné depuis cinq ans, la dette publique se résorbe comme peau de chagrin et par enchantement. Organisons les ventes aux enchères, d’autant plus que Sotheby’s est entre de bonnes mains françaises, l’ami de cœur de Chirac. Il reste quatre « joueurs de cartes », une Joconde et sa sœur, la « Mona Lisa du prado », des centaines de Dubuffet, Poussin, Matisse, David et Goliath, impressionnistes en surnombre, des Courbet refusés et puis, comme c’est au poids, on ajoutera des Rodin, Bourdelle et Belmondo, dont un musée surchargé à Boulogne n’attend que cela. Alain Seban, Président du centre Pompidou, est « disposé à délocaliser » son musée (le Monde, 2 mars 2012 page 22) « Il faut oser une politique de marque. On ne la vendra pas, on la louera pour une durée limitée. Mais sans fragiliser la fréquentation à Paris. ». Voici les propos de Monsieur Seban dans son entretien au Monde parlant de la valorisation de la marque « Pompidou » et les manières de faire de l’argent. « Je pense avoir donné au Centre Pompidou un élan collectif. C’est une réussite globale. » Nous sommes donc d’accord.

N’en jetez plus.

Et tous ces manuscrits de la Bibliothèque François Mitterrand avec incunables et livres d’heures aux belles enluminures, inaccessibles au public, telles les Grottes de Lascaux, scannés par Google, il prennent de la place (au prix du m² de poussière, pensez donc), se font bouffer par les mites, tics, termites, acariens et autres insectes xylophages. Faire le ménage est une action de salubrité publique. Cela empêchera des conservateurs indélicats, des Michel Garel, d’arracher des pages de manuscrits hébreux (une bible contenant le pentateuque datant du VIIIème siècle).

Nos musées contiennent des milliers d’œuvres étrangères, qui ont été dérobées par des aventuriers peu scrupuleux au cours des siècles (François 1er, Bonaparte, André Malraux, …) qu’il faudra un jour restituer comme la vingtaine de têtes maories momifiées et tatouées du muséum d’histoire naturelle de Rouen et du Quai Branly ou les restes de Saartjie Baartman, la Vénus hottentote.

Le jour de la restitution des momies égyptiennes et leurs sarcophages, l’art africain, les sculptures précolombiennes, les antiquités romaines et grecques est proche. Autant les confier contre espèces sonnantes et trébuchantes aux sultans et émirs riches en pétrole, mais aussi aux norvégiens et chinois.

Que les candidats sérieux réfléchissent et le prochain président élu mette en œuvre ce plan de résorption du déficit avant que les anglais et autres nations de la vieille Europe nous prennent de court et que le marché de l’art soit saturé et les prix chutent. Aussi, les confettis pétroliers ne sont pas éternels, le pétrole se faisant plus rare. Déjà l’Angleterre a vu sa manne d’eau de feu tarir après une vingtaine d’années d’exploitation. Alors dépêchons-nous et arrêtons de tout muséifier, partageons.

Faut-il regretter un appauvrissement relatif des réserves de nos musées et du patrimoine national, alors que la culture générale est condamnée même à Sciences Po ? La fréquentation des musées n’en pâtira pas, il faut bien occuper les touristes par temps de pluie et les écoliers le mercredi, et faire de la place à la création contemporaine. La Joconde vendue pourrait être remplacée par une copie conforme ou mise en time-sharing, six mois à Doha, six mois au Louvre.

Le PPP, le crédit bail et les family offices seront mis à contribution, le troc d’œuvres d’art contre pétrole encouragé.
Voilà bien une mesure réformatrice, un antidote radical au déficit public accumulé depuis plus de 30 ans, que le prochain président serait bien inspiré de soumettre à référendum. Qu’en dit Frédéric Mitterrand ? Il a dû y penser lors de son récent déplacement à Tarbes, mais n’ose pas en parler à son mentor fort occupé. Toute bonne idée pour résorber le chômage, les déficits publics et relancer la croissance est bienvenue. L’immobilier parisien est une piste sérieuse. Écrivez-nous.


Mardi 20 Mars 2012 | Commentaires (0)
Janvier 2012 est un mois de chiffres et se situe à la charnière de la vague de froid qui sévissait encore ces jours-ci sur la France.

• 416 milliards de dollars est la valorisation boursière de Apple, à comparer avec le déficit de la France qui comptait 2.874.000 demandeurs d’emploi fin 2011, soit près de 10% de la population active (mais en réalité, le nombre de sans emploi ou personnes en sous activité est bien supérieur. Il faut en effet ajouter aux chômeurs de catégorie A, les B, C, D et E).

• 60 propositions de François Hollande dont 29 milliards d’économie réalisée par la suppression de niches fiscales.

• Alors que la France et ses voisins du Sud de l’Europe cherchent par tous moyens à réduire les déficits publics, les pétrodollars de Brunei et du Qatar sont investis massivement en France, ce qui est réjouissant, tout au moins à court terme. Après le rachat spectaculaire du PSG, le Qatar vient d’acquérir le Carlton à Cannes (à ne pas confondre avec celui de Lille), un tableau de Cézanne « Les Joueurs de Cartes » pour 250 millions de dollars (le tableau le plus cher du Monde). La partie de cartes se poursuit désormais à Doha. Si la manne des petits pays riches en pétrole et gaz continue à couler abondamment, d’ici une dizaine d’années elle recouvrira les plus beaux immeubles et hôtels particuliers de Paris et le contrôle de nombreuses entreprises à l’instar du capital de Vinci, Lagardère, Suez et Veolia. Le fond souverain Qatar Investments Authority, est le véhicule d’investissements de l’Émir du Qatar. QIA est géré par le Cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, Premier ministre et ministre des Affaires Étrangères de ce confetti (11.437 km²) du Golfe, guère plus grand que la Corse (8.722 km2). Le mouvement devrait s’amplifier jusqu’à ce que les ressources en gaz et pétrole tarissent, les investissements en Occident produisant des
bénéfices.

• Les entreprises du CAC 40 ont versé 44,6 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2011, dividendes et prix de rachat d’actions compris.

• L’Afghanistan a coûté au contribuable français près de 2 milliards d’euros depuis 2008.

• L’édition papier du quotidien La Tribune a cessé de paraître le 1er février 2012 après 27 ans et 4903 numéros, ce qui laisse La Revue loin derrière avec ce 176ème numéro, étant précisé que notre parution est seulement mensuelle.

• « Dassault va vendre 126 Rafales à l’Inde » suite à un appel d’offres lancé en 2007, mais le contrat n’est pas encore signé. Le secrétaire d’État au commerce extérieur, Pierre Lellouche, a déclaré sur BFM « nous avons remporté le contrat mais un certain nombre de choses restent à finaliser », pour ajouter « on est dans une phase de négociation exclusive ». Qui faut-il croire, le Lellouche de la première déclaration ou de la seconde ? Selon Gérard Longuet : « Le taux de probabilité que le contrat soit signé est de 80 % […] C’est un contrat d’une complexité qui va faire la joie des avocats et des techniciens ». Évidemment, nous faisons le voeu, comme tous les contribuables, que ce contrat soit signé et mis en oeuvre de telle sorte que notre déficit commercial se réduise. Il a été de près de 70 milliards en 2011, en progression de près de 30% par rapport à l’année précédente.

• Il est remarquable que notre pays, dont le taux de chômage des jeunes et des « seniors » (des moins de 55 ans) ayant atteint un niveau record, continue à donner du travail aux octogénaires, ce qui est somme toute une excellente nouvelle. Je pense à Juliette Greco, à notre regretté confrère Serge Lazareff biensûr, à Stéphane Hessel, au président sénégalais Abdoulaye Wade, âgé de 86 ans, dont la candidature aux prochaines présidentielles est vivement contestée, mais aussi à Samuel Pisar, avocat international, né en 1929 à Bialystok et qui vient d’être nommé ambassadeur honoraire et envoyé spécial de l’UNESCO pour l’enseignement de l’Holocauste par Irina Bokova, Directrice générale. Pour nos jeunes lecteurs, rappelons que Samuel Pisar est un rescapé d’Auschwitz et de Dachau, dont il s’évade au début de 1945 à l’âge de 15 ans. Il a fondé le cabinet d’avocats éponyme, à Paris, après guerre dont le succès a été remarquable grâce notamment au plan Marshal. Il faisait partie des avocats d’affaires parisiens de renommée internationale. Il rejoint la Maison Blanche au début des années 60 comme conseiller de John Kennedy et devient citoyen américain en 1961 en vertu d’une décision spéciale du Congrès.

• La vente de la garde-robe de Régine à Drouot récemment, avec boas, strass et paillettes, n’a rapporté que 41.000 Euros. 600 articles ont été dispersés, ce qui fait un prix moyen bradé de 68 Euros. Il n’est pas dit si le produit a renfloué les finances de l’ancienne reine des nuits parisiennes !

Tout le monde, presque, s’accorde sur la nécessité d’instaurer plus de souplesse dans les relations et le marché du travail. On parle d’alternance, de travail partagé ou à temps partiel, d’intérim et de flexibilité et certains convoitent le modèle allemand instauré par l’ancien chancelier Schroeder (ce qui lui a coûté sa réélection au profit d’Angela), qui ne ferait pourtant pas que des heureux outre Rhin. En réalité, le dispositif législatif français est plus moderne qu’il n’y paraît, mais d’application difficile en raison des tensions dans les relations collectives du travail de notre pays. Il permet par exemple à des salariés de cumuler les allocations chômage et un travail à temps partiel, aux seniors de prendre leur retraite tout en poursuivant une activité professionnelle rémunérée, aux titulaires de CDD de rompre de manière anticipée leur contrat de travail s’ils justifient la conclusion d’un CDI. Ce ne sont donc pas les contraintes légales qui pénalisent l’emploi, mais les relations collectives difficiles, le dialogue social de sourds, la jurisprudence tatillonne qui privilégie la forme sur le fond, le niveau élevé des prélèvements sociaux, la croissance qui n’est pas au rendez-vous et la création d’emplois anémique. Pour que cela change, il faut motiver les jeunes, encourager l’esprit d’entreprise, réduire les charges sociales plombées par le déficit public et surtout changer les mentalités. Marine Le Pen prétend avoir la solution : l’abolition de l’euro, le retour au franc, à la dévaluation et à la marche forcée de la planche à billets…


Mercredi 15 Février 2012 | Commentaires (0)
Il est d’usage de faire le bilan de l’année écoulée, comme de tirer les rois à l’Épiphanie, mais égrainer les mauvaises nouvelles est déprimant, nous garderons donc de 2011 un bon souvenir.

Réjouissons-nous que la présidence de l’Union Européenne en ce premier semestre de la nouvelle année échoit au Danemark et non à la Hongrie. A quand les États-Unis d’Europe avec à l’Ouest les gallois, écossais et irlandais ?

Origine oblige, nous avons vibré à l’annonce de l’élection de la jeune Delphine Wespiser, Miss France de 19 ans, le 3 décembre 2011, une alsacienne du cru (Magstatt-le-Bas). Toutes les miss sont-elles à prendre ? Pour le ministre canadien de la Défense c’est affirmatif. Peter Mac Kay vient d’épouser en juste noce au Mexique une ancienne Miss World Canada de 32 ans, d’origine perse. Il faut dire que Peter est reconnu comme le député le plus sexy de la chambre et pour avoir eu une liaison avec Condoleezza Rice.

Vous avez échangé un milliard de SMS dans la nuit du nouvel an, alors que vous n’êtes que 64 millions en « Hexagonie ». Le nombre baisse s’agissant des décorés de 2011 : 2 179 individus ont reçu la Légion d’Honneur. Il n’y a aucun lien entre l’élévation à la dignité de grand officier de François Pinault et la condamnation de Jacques Chirac à deux ans de prison avec sursis, ce sont les hasards du calendrier, mais laissons cela à Eva Joly.




Bonne Année  2012
A noter que Salma Hayek, actrice d'origine mexico-libanaise et épouse de François-Henri Pinault, sera élevée chevalier de la Légion d'honneur en 2012 (JO du 1er janvier). L’étrangère sera décorée pour ses « 23 ans de services » en tant que « réalisatrice et productrice » et « membre actif de fondations caritatives ». Une intronisation qui a dû marquer l'ancien ministre et sénateur Henri Torre, qui a déclaré à L'Express.fr qu'il refuserait l’insigne au motif qu'« on a nommé trop de gens qui ne méritaient pas d'être nommés ». Le beau-père de Mme Hayek-Pinault quant à lui sera élevé au rang de Grand Officier.

Des « broutilles » avec ou sans prises illégales d’intérêt et abus de biens sociaux pour des faits largement prescrits remontant à près de 30 ans, les fabuleux emplois de convenance de la caverne d’Ali Baba de l’Hôtel de Ville (bis repetita, aux dires des journalistes en mal de scandale, mais réservés à des permanents CGT). Quatre avocats n’ont pas pu empêcher ce verdict sévère. Passons discrètement sur le 21 mai 1985 où François Mitterrand décorait Jacques Servier de l’Ordre National du Mérite. L’a-t-il rendu ?

Bonne Année  2012
Le Printemps arabe, son berceau de Sidi Bouzid et la disparition corrélative de la scène politique, et plus radicalement définitive pour les moins chanceux, en chaîne, d’un nombre record de dictateurs, tyrans et autres terroristes, sont remarquables. Dans le désordre, citons Ben Laden, Kadhafi, Kim Jong II, Ben Ali, Moubarak, Berlusconi, Gbagbo, en mettant dans un peloton à part DSK. Il reste pour 2012 le successeur de Kim Jong il, Kim Jong II, bien sûr Chavez, l’iranien Mahmoud Ahmadinejad, ancien maire de Téhéran et gardien de la révolution et, susurrent d’aucuns, le populiste hongrois Viktor Orban (reportez-vous aux miscellanées). Poutine fait bande à part, les russes se chargent de lui indiquer la sortie, comme Dior à John Galliano, remercié pour sa flamboyance exubérante « too British ».

Pendant que les indignés, légataires universels de Stéphane Hessel, boostaient dehors leurs dirigeants vieillis, les monégasques et anglais célébraient en grande pompe des mariages princiers en inscrivant leur règne dans la durée à l’aide d’une fécondité espérée. Nos vœux de rétablissement au Duc d’Édimbourg, âgé de plus de 90 ans, et à la nageuse olympique pour l’amour dont elle témoigne discrètement au public pour son prince « charmant ».

Pour les amateurs de sport, nos rugbymen et basketteuses se sont brillamment distingués en finale de leur coupe du monde respective avant d’être reçus à l’Elysée comme si ils/elles avaient gagné. Le Qatar met les bouchées doubles au PSG, le prix d’un joueur ou d’un entraîneur n’étant plus un obstacle à la montée du PSG au sein du groupe select des grands clubs européens. Vive le Qatar Saint-Germain, le développement entrepreneurial en banlieue et Teddy Riner.

Parmi les nouvelles festives, comptons en vrac la naissance de Giulia à La Muette, les Intouchables, sorti en salle le 2 novembre 2011, d’Eric Toledano et Olivier Nakache, avec François Cluzet et Omar Sy, en passe de doubler les Ch’tis, la liaison durable de Nespresso avec George Clooney, le retour de Mark&Spencer, Loverdose, la croisade de BB contre le gavage des oies et des canards (elle a déjà réussi à convaincre les allemands tentés par l’interdiction définitive du Ganzeleber sur le sol germanique, qu’il soit d’origine française ou magyar), le printemps birman, la convergence franco-allemande.

Investissons dans notre jeunesse (le taux d’intérêt légal est tombé à 0,38% l’an) et la bonne humeur, 2012 sera un excellent cru (avec peut-être une femme à la tête de l’État) et pour Squire Sanders et ses clients.

Au plaisir de vous entendre et revoir ; nous avons simplifié notre dénomination mais conservons notre adresse en bordure du parc Monceau, avenue Velasquez.

Illustrations : Fabrice Guéroux
fabrice.gueroux@squiresanders.com


Mercredi 11 Janvier 2012 | Commentaires (0)

(19 décembre 2012)


ADIEU 2011

2011 fut une année shakespearienne «… Pleine de bruit, de fureur, qu'un idiot raconte et qui n'a pas de sens ». «Life's but a walking shadow, a poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more; it is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing», (Shakespeare, Macbeth). La mode est aux chimères. Rude fin d’année pour Merkozy, ArevaJoly, DSKdhafy, ChiraKarachi. Écologie, finance, économie, géo-politique, tout le monde navigue à vue dans la tempête. Révolte, déni, marchandage, résignation, et partout les raisons de la colère. Rouge ou blanc? Sacha Guitry relevait finement: «Ce qui, probablement, fausse tout dans la vie, c'est qu'on est convaincu qu'on dit la vérité parce qu'on dit ce qu'on pense ». L’écart parallaxique et l’illusion de faire « bouger les lignes » est un leurre, même quand on mélenche bien. « Les intellectuels français sont d’une exemplaire sagesse et taillés dans un bois dont on fait les chaises longues » (Jean Schuster).

Pour la «Fin de partie», en attendant gogo ou les 4 cavaliers de l’apocalypse, et avant de retrouver la lumière -Inch Allah- il nous reste le millénarisme et la théologie. Cioran prédisait : « Aujourd’hui, réconciliés avec le terrible, nous assistons à une contamination de l’utopie par l’apocalypse : la « nouvelle terre » qu’on nous annonce affecte de plus en plus la figure d’un nouvel enfer. Mais, cet enfer, nous l’attendons, nous nous faisons même un devoir d’en précipiter la venue. Les deux genres, l’utopique et l’apocalyptique, qui nous apparaissaient si dissemblables, s’interpénètrent, déteignent maintenant l’un sur l’autre, pour en former un troisième, merveilleusement apte à refléter la sorte de réalité qui nous menace et à laquelle nous dirons néanmoins oui, un oui correct et sans illusion. Ce sera notre manière d’être irréprochables devant la fatalité » (« Histoire et utopie » 1957). 54 ans plus tard Slavoj Zizek interroge le réel, le symbolique et l’imaginaire (« Vivre la fin des temps »). 2012 c’est le centenaire du naufrage d’un paquebot insubmersible le « Titanic ». C’est aussi le 150ème anniversaire des « Misérables », et le « Contrat social » de Rousseau a 250 ans. « La tragédie de l'homme moderne n'est pas qu'il en sache de moins en moins sur le sens de la vie, mais que cela ne le dérange presque plus ». Vaclav Havel vient de nous quitter. Le père Noël est une ordure.


DOUZE

12 comme l'Aveyron, le numéro atomique du magnésium, les noces de soie, les étoiles sur le drapeau européen. 12 comme les divinités olympiennes, les tribus d’Israël, les apôtres, «Les Douze Salopards », «L'armée des douze singes », «Douze hommes en colère ». Dans le désordre, et à chacun son tiercé. Pour les matheux, un polyèdre à douze faces est un dodécaèdre et douze est la superfactorielle de 3 : sf(3)= 1! × 2! × 3!. Pour les littéraires, en imprimerie, le douze ou cicéro est l’unité de mesure typographique équivalent à 12 points typographiques. Il y a 12 pieds dans un alexandrin, « Oui, je viens dans son temple / adorer l'Eternel »( Racine, « Athalie »), et un douzain est un poème de douze vers, « Mon enfant, ma sœur/Songe à la douceur/D'aller là-bas vivre ensemble/Aimer à loisir/Aimer et mourir/Au pays qui te ressemble/Les soleils mouillés/De ces ciels brouillés/Pour mon esprit ont les charmes/Si mystérieux/De tes traîtres yeux/Brillant à travers leurs larmes » (Baudelaire «L’invitation au voyage»).

ACTUALITE JUDICIAIRE ET JURIDIQUE

Affaire l’Oréal. Commencée « Au théâtre ce soir », l’affaire tourne à « Macbeth » et aux « 10 petits nègres ». Tout le monde s’entretue et meurt; après la mère, la fille, le procureur, la juge, la femme du ministre, le major d’homme, au tour de l’avocat (Me Wilhelm) et de l’amant (F M Bannier). « Les mouches ont changé d’âne » (Proverbe).

Affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Condamnation de Jacques Chirac à 2 ans d’emprisonnement avec sursis. L’ancien Président a été jugé coupable de «détournement de fonds publics», d’«abus de confiance» et de «prise illégale d’intérêt». Le triple «A» « Aporie Amnésie Amnistie » n’a pas suffit. « Jacques Chirac a manqué à la probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l'intérêt général ». (TGI Paris 15 décembre 2011). Mais Jack a gardé sa verve : « Putain 2 ans ! ». Sans appel. « Por los amigos todo, para los otros, la ley » (Proverbe).

Affaires Néret et Lagarde. C’était Noël toute l’année pour l’ex numéro 2 de la PJ lyonnaise, et le commissaire lillois dans le dossier Carlton… « Pourquoi tu tousses… » !? « En los tiempos de las barbaras naciones, de las cruces colgaban los ladrones. Pero hoy, en el siglo de las luces, del pecho del ladron cuelgan las cruces » (Proverbe).

Médiation. L'ordonnance du 16 novembre 2011 (qui a transposé la directive européenne 2008/52/CE du 21 mai 2008 sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale) définit la médiation, laquelle « s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par le juge saisi du litige ». Mieux qu’un long discours, une malédiction prononcée par les gitanes en Espagne : « Pleitos tengas, y que los ganes » («Je te souhaite plein de procès, et je te souhaite de les gagner ! »). No comment…

IN MEMORIAM : LES DISPARU(E)S DE L’ ANNEE

Des écrivains : E Glissant, J Dutourd, F Nourissier, J Lartéguy, D Desanti, J Semprun, M Mohrt R Dubillard. Des artistes : J Russel, P Falk, E Taylor, A Girardot, M-F Pisier, C Evora, P Yates, K Russel, M Figueras, P Dubost, R Ruiz, A Winehouse, S Lumet, J Barry, R Petit, M Garrel. Des politiques : J Royer, M Kadhafi, B Stasi, O ben Laden, V Havel, Kim Jon Il, G Fillioud, D Mitterrand. Des sportifs : S Ballesteros, P Quinon, J Frazier, A Alexeiev, W Bonatti, P Jonquères d’Oriola. Des capitaines d’industrie : S Jobs, P Bilger, P L Dreyfus. Des géants du petit écran : Pierre Dumayet, Ladislas de Hoyo, Jean Amadou, Henri Tisot, Josef Poli, Maître Capello. Sans oublier : Svetlana Staline (la fille), Marie Claire Pauwels (la fille), Frank Fernandel (le fils), Antoinette de Monaco (la sœur), Adrien Gagnon (culturiste québécois), Waldemar Baszanowski (haltérophile polonais), Ramiz Alia (homme d’état albanais), Tura Satana (actrice américaine et gogo danseuse).

QUELQUES ANNIVERSAIRES ET CELEBRATIONS EN 2012

1512 Naissance du cartographe flamand Mercator, ouverture de la chapelle Sixtine au public, victoire française de Ravenne contre la sainte ligue, début du sultanat de Sélim 1er (dit le terrible).

1612 Naissance de Le Vau, inauguration de la place Royale (place des Vosges), les Perses prennent Bagdad aux Ottomans, les missionnaires chrétiens sont bannis du Japon, édition princeps à Venise du « Vocabulario de l’Accademia della Crusca », qui fixe la langue italienne.

1712 Naissance de Rousseau, victoire française à Denain, ouverture du congrès d'Utrecht pour négocier la paix entre les Alliés et les Bourbon dans la guerre de succession d'Espagne, « Dialogue des morts » de Fénelon, « Mémoires pour rendre la paix perpétuelle en Europe » de l’abbé de Saint-Pierre.

1812 Naissance de Dickens et Robert Browning, guerre anglo-américaine, campagne de Russie, « Contes enfantins » (Blanche-neige, Hänsel et Gretel) des Frères Grimm.

1912 Naissance de Michelangelo Antonioni, et Jackson Pollock, traité de Fès instaurant le protectorat de la France au Maroc, Roland Garros traverse la Méditerranée en avion, république chinoise de Sun Yat-sen, arrestation de la bande à Bonnot, « L’Annonce faite à Marie » de Claudel.

1962 « Le Piège diabolique”. Dans le 6ème album de la série de E.P. Jacobs, Mortimer remonte le temps grâce à son « chronoscaphe »… bbbzzzzzzzzzz… Accords d’Evian, attentat manqué du Petit-Clamart contre le Général de Gaulle, répression policière au métro Charonne (8 morts), crise des missiles à Cuba, ouverture par le pape Jean XXIII du concile Vatican II, exécution d’Adolf Eichmann en Israël, mais aussi, l’abolition de l'esclavage en Arabie saoudite et la Tanzanie frappée par une étrange épidémie de fou rire qui dura 6 mois. 1962 fut aussi un grand cru cinématographique: Accattone, Adieu Philippine, Boccace 70, Cléo de 5 à 7, La Conquête de l'Ouest, Le Doulos, L'Éclipse, L'Enfance d'Ivan, Eva, Le Fanfaron, La Fille à la valise, Le Goût du saké, L'Homme qui tua Liberty Valance, James Bond 007 contre Dr. No, Le Jour le plus long, Jules et Jim, Lolita, Mamma Roma, Procès de Jeanne d'Arc etc. En 1962, décès de Marilyn Monroe, de Faulkner, Bataille, Nimier, Bachelard, d’Yves Klein, parution de «Dix-Huit Leçons sur la société industrielle» (R Aron), «La structure des révolutions scientifiques» (T Kuhn), «La pensée sauvage» (C Lévi-Strauss), « Les origines de la pensée grecque» (J-P Vernant). Assez de nostalgie, descendons du «chronoscaphe» ! 1962 c’est aussi la relève avec la naissance de Tom Cruise, Demi Moore, Jim Carrey, (acteurs américains), Loumia Hiridjee, (co-fondatrice de la marque «Princesse Tam-Tam»), Alain Robert (grimpeur urbain), Dominique Farrugia (humoriste français), Laurence Larzul (astrologue poétesse française). « So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past” (F S Fitzgerald “The Great Gatsby”).

12 RAISONS D’ ESPERER EN 2012

- Pour l’économie mondiale: l’agence « Moody’s » devrait bientôt dégrader l’agence « Standard & Poor’s », qui va dégrader l’agence « Fitch Ratings ».

- Pour le printemps arabe, tombé de Karim en Charia. Alain Juppé, Tripoli, est formel: « les choses se passent mieux qu’on aurait pu le craindre » . Trop tard pour les inestimables archives et ouvrages historiques de l'Institut d'Egypte (fondé par Bonaparte), qui viennent de partir en fumée lors des affrontements place Tahrir.

- Pour Les syriens: le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal al-Maqdad a signé au Caire un document pour la protection des civils, qui prévoit le déploiement d’observateurs arabes en Syrie, Ouf !

- Pour l’Europe: elle repart de l’avant plus forte que jamais avec l’adhésion prochaine de la Croatie, en attendant les renforts de l’Islande, de la Macédoine et du Monténégro.

- Pour l’économie française: sortie de crise garantie en mai prochain; soit la France se remet au travail en passant au 35 heures 30mn, soit le chômage disparaît grâce au passage au 34H 30mn et à un grand plan de relance keynésienne.

- Pour les «français invisibles» qui vont prendre des couleurs: sourire jaune, peur bleue ou colère noire ?

- Pour les écologistes qui luttent contre la fonte des intentions de vote: Eva Joly va souffler 70 bougies.

- Pour François Hollande, à l’approche de la Présidentielle, en radeau ou en pédalo, il va pouvoir compter sur le soutien inconditionnel de Martine Aubry et d’Arnaud Montebourg, sans compter la défense des éléphants. Les copains d’abord et les copains d’avant… Hollande nouveau « Babar » ? C’est plus vendeur que Flamby.

- Pour Rachida Dati et Rama Yade: les « Charlies Angels » déchues de la diversité gouvernementale pourraient bénéficier d’une Halde au feux.

- Pour les sans papiers: il y a 18 siècle (en 212) Caracalla promulguait son édit conférant la citoyenneté à tous les hommes libres de l’empire romain.

- Pour « La Revue »: elle va entrer bon pied bon œil dans sa 17ème année.

- Pour vous chers lecteurs avec un bel aphorisme œcuménique à méditer pendant les fêtes : « Le mal n’est pas le contraire du bien, c’est l’absence de bien » (Moïse Maïmonide, en hébreu: הרב משה בן מימון HaRav Moshé ben Maïmon, acronyme ה)רמב"ם) (Ha)Rambam ; en arabe: أبو عمران موسى بن ميمون بن عبد الله القرطبي اليهودي Abou Omrane Moussa ibn Maimoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi « Moïse fils de Maïmoun fils d'Abdallah le cordouan juif » ; en grec: Μωυσής Μαϊμονίδης Moyses Maïmonides).

Le sage (médecin, philosophe, jurisconsulte, surnommé par Thomas d’Aquin « l’Aigle de la synagogue ») met la barre très haut. « Squire Sanders » aussi. Le bureau de Paris et toutes nos équipes dans 17 pays et 36 bureaux restent à votre écoute, à votre service, disponibles et réactifs en ces périodes de turbulences économique, juridique et judiciaire.

De la part de l’ensemble du cabinet et de l’équipe éditoriale de « La Revue », à vous tous fidèles clients et lecteurs, Meilleurs vœux, Bonne année, Happy new year, Frohes neues Jahr, Feliz año nuevo 2012 !!!!!




Jeudi 22 Décembre 2011 | Commentaires (0)

(5 novembre 2011)


Dans un fond de sauce John Law, saisir de beaux eurossignats, épicer avec du Panama, une larme de Stavisky. Faire revenir à gros bouillon dans l’ouzo, arroser copieusement le tout de schnaps et de sauce soja. Servir bouillant à Bruxelles ou à Cannes. Personne n’a faim et tout le monde riz jaune. Dans la panade générale, ce qui rend particulièrement délicat l’élaboration des plans de sauvetage, c’est la multiplicité et la complexité des conflits d’intérêts au sens large, qu’ils soient politiques, économiques, financiers ou sociaux.

Les bonnes affaires qui ont rencontré de mauvaises lois

Le conflit d’intérêts est un fait social total, pour parler comme Marcel Mauss. Arbitrer entre l’intérêt général et les intérêts particuliers (deux frères siamois souvent rivaux) n’est-ce pas l’essence de la politique ?

Parfois on passe au rouge, on prend un sens inique. Pas de discussion contravention ! Les pénalistes connaissent la corruption active et passive, les prises illégales d’intérêts. Les commercialistes connaissent les conventions réglementées de l’article L 225-38 du code de commerce, les délits d’initié, la période suspecte dans les procédures collectives. Les journalistes connaissent Dodo la saumure, Mounia, Hélène de Yougoslavie. Ils nous régalent avec des divisionnaires ripoux, des écoutes téléphoniques, des intermédiaires véreux, des rétro-commissions occultes pour financer les campagnes électorales. On connait le mot d’Alfred Capus; « Une escroquerie, c'est une bonne affaire qui a rencontré une mauvaise loi ».

Outre Manche, le Bribery Act 2010, en vigueur depuis le 1er juillet dernier, est plus sévère encore que le US Foreign Corrupt Practices Act 1977. Sa section 7 prévoit un délit de défaut de prévention de corruption. S’expose ainsi à une amende illimitée (le cas échéant plusieurs milliards d’euros !), toute personne morale dans le monde « conduisant, même en partie, des affaires au Royaume-Uni », dont l’une des « personnes associées » (employés, filiales ou agents) est responsable d’actes ou de tentatives de corruption, sauf si la personne morale démontre qu’elle avait mis en œuvre des « procédures adéquates » pour prévenir de tels actes.

Dans le dernier classement de « Transparency international » (2010) la France pointe au 25ème rang, entre l’Uruguay et l’Estonie, avec un score de 6.8 sur une échelle de 0 (« Highly corrupted ») à 10 (« Very clean »). Pas de quoi pavoiser pour une République qui se voudrait irréprochable. Triple A dans l’ordre pour le Danemark, la Nouvelle Zélande et Singapour. Le Royaume-Uni est 20ème. La Somalie ferme la marche avec 1.1. « Dans le domaine du turf, jeune homme, il y a deux façons de croquer; la magie ou le hasard. J’explique: favori sur faux ticket ou tocard sur vrai tickson. A moi, la magie m’a coûté deux ans de placard, c’est pourquoi aujourd’hui, j’aime mieux un mauvais cheval qu’un bon juge d’instruction » (Lautner, « Des pissenlits par la racine », 1964)


Les liaisons dangereuses

Parfois on passe à l’orange. Tout devient plus compliqué avec l’éthique, la déontologie et les codes de bonne conduite. « Un conflit d'intérêts naît d'une situation dans laquelle une personne employée par un organisme public ou privé possède, à titre privé, des intérêts qui pourraient influer ou paraître influer sur la manière dont elle s'acquitte de ses fonctions et des responsabilités qui lui ont été confiées par cet organisme » (Service central de prévention de la corruption, Rapport 2004). Vu sous un autre angle: lorsque l’influent et l’influençable poursuivent un intérêt commun au détriment des droits légitimes de tiers ou de l’intérêt général. Pour séparer le bon blé de l’ivraie on tombe vite dans des casuistiques jésuites et hypocrites. Les affaires, c’est l’argent des autres disait Dumas. Les conflits d’intérêts sont favorisés par les cumuls. Le lobbying, activité licite, réglementée et institutionnelle (à Washington ou Bruxelles), complique un peu plus la donne. «On place ses éloges comme on place de l'argent, pour qu'ils nous soient rendus avec les intérêts” (Jules Renard)

L’actualité est riche en scandales et conflits d’intérêts fleurant bon le favoritisme voire le népotisme. Le monde judiciaire ou l’arbitrage ne sont pas épargnés (voir la chronique de Christian Hausmann sur l’indépendance de l’arbitre). Au-delà des atteintes récurrentes à la séparation des pouvoirs, des « connivences » (pour rester pudique) entre le monde politique, économique, et les médias, favorisent les conflits d’intérêts, la censure, ou pire l’autocensure.

Les relations incestueuses entre certains laboratoires pharmaceutiques et des autorités de contrôle sanitaire nationales ou internationales sont particulièrement choquantes car la santé publique est mise à mal par les acteurs et les régulateurs sensés la protéger. Des centaines voire des milliers de morts du fait de médicaments inutiles ou aux effets secondaires dangereux ou mortels (affaires Médiator, Bisphénol A), sans parler des milliards de déficit annuel de la sécurité sociale. Pourquoi la France, pays de la joie de vivre, est-il le plus gros consommateur d’anti- dépresseurs au monde ? Pourquoi si peu de médicaments génériques prescrits ? C’est tout un système institutionnel public et privé, de gabegie, de déficits organisés, et d’omerta qu’il faudrait revoir.

Plus vaudevillesque, l’affaire Bettencourt est un cas d’École (Nationale de la Magistrature). Après une accalmie de plusieurs mois, l’affaire reprend sa petite bonne femme de chemin avec de nouveaux juges à Bordeaux, des abus de faiblesse, des petits-fils tuteurs de la grand-mère, et des conseils jonglant entre les mandats de protection future et de droit commun. « L’esprit de famille a rendu l’homme carnivore » (Picabia).

Un projet de loi relatif à la déontologie et à la prévention des conflits d'intérêts dans la vie publique

On sait que pour les professions réglementées, la déontologie interdit certains cumul de mandats ou de fonctions; par exemple pour les avocats, médecins ou experts judiciaires. Suite à l'affaire W-B, une commission de réflexion pour la prévention des conflits d'intérêts dans la vie publique a été mise en place, et a rendu son bien nommé rapport « Sauvé », en janvier dernier.

Un projet de loi actuellement devant l’Assemblée Nationale prévoit que «les personnes dépositaires de l'autorité publique et les personnes chargées d'une mission de service public exercent leurs fonctions avec probité et impartialité» Le rappel de ce truisme dans un article 1 n’est pas rassurant. Pariant sur une pédagogie frisant l’angélisme ou l’inconscience, le texte invite les fonctionnaires pris d’un doute, à saisir spontanément leur supérieur hiérarchique afin qu’il «apprécie s'il y a lieu de confier le dossier ou la décision à une autre personne». Le projet de loi ne propose pas de définition du conflit d’intérêts pour ne pas figer une situation protéiforme, avec le risque d’exclure du cadre préventif des hypothèses constitutives de délits prévus par le code pénal.

Sans surprise, le texte rend obligatoire les déclarations d'intérêts pour les membres du gouvernement, les conseillers ministériels et certains hauts fonctionnaires. Une nouvelle « Autorité de la déontologie de la vie publique » pourrait émettre des avis et recommandations, être saisie par le pouvoir politique, voire s’autosaisir. Longue vie à cette énième autorité de « grands manient tout », qui servira surtout de radeau à des naufragés électoraux méritants. « Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer » (La Rochefoucauld).

Moins une cause, qu’un symptôme et une conséquence

La multiplication des « affaires » et conflits d’intérêts est particulièrement explosive lorsqu’il ne reste plus le moindre fifrelin dans les caisses pour amadouer les irréductibles, incorruptibles, inrockuptibles, et quand ce n’est plus la femme de César, mais l’empereur, sa cour et les mandarins qui sont mis en cause. Gare au syndrome du tour de France; « Tous dopés mais peu importe du moment qu’il y a du spectacle ». L’arène a eu raison de l’Agora. « Tous pourris », tous pour rire, « salauds de riches », « salauds de pauvres», Bourvil ou Gabin dans «La traversée de Paris », autant de variations sur le thème du désenchantement général et de la théorie du complot.

Tout le monde se cache derrière l’arbre, la forêt, la paille ou la poutre. Ce n’est pas moi, c’est lui ! Tout le monde se tient par la barbichette et… vice versa. Les politiques qui ont trop permis, trop promis, trop mentis, sont pris en otages et en tenaille par les indignés et des banquiers plus pyromanes que pompiers. Il est bien tard pour jouer les Churchill en promettant de la sueur, du (mauvais) sang, et des larmes (de crocodile). Attention, le prolongement naturel des conflits d’intérêts, favorisés par les cumuls en tous genres, c’est l’intérêt du conflit.

Les conflits d’intérêts sont moins une cause qu’une conséquence, un symptôme inquiétant de perte de repères et valeurs. Stendhal est sombre: « Le monde n’est point divisé, comme le croit le nigaud en riche et en pauvres, en hommes vertueux et en scélérats, mais tout simplement en dupes et en fripons ». Jean Yanne ne fait pas dans la dentelle: « Le monde est fait d’imbéciles qui se battent contre des demeurés pour conserver une société absurde » («Moi y en a vouloir des sous », 1973).

Reconstruire les fondations de la maison commune

On ne réglera pas les problèmes de fond avec des leçons de morale, des citations du gros Winston ou du grand Charles, la menace du péril jaune, ou en débouchant une bouteille de rosé nouveau, étiqueté « Château VIème République ». Pour reconstruire la maison commune, en amont des débats sur la redistribution des richesses, les jacuzzis pour tous, le mondial moquette de l’humanisme et les slogans creux et démagogiques (« Placer l‘humain au cœur de la politique »… Qui est contre? Comment on met en place?), il faut commencer par des fondations solides, c'est-à-dire un socle commun de valeurs et repères. Pour construire ces fondations il faut des outils, se retrousser les manches et se muscler les neurones. Tout cela passe par le travail, l’écoute, le goût de l’étude, des livres, de la lecture, par la pensée. C’est plus difficile que l’indignation, c’est ardu, parfois pénible, voire ennuyeux, mais c’est la loi de tout apprentissage. Il est temps de siffler la fin de la récréation et des fantaisies pédagogiques, à la bourse, mais aussi à l’école et à la maison. On ne renégociera pas de contrat social durable avec des citoyens et une jeunesse sacrifiée car hypnotisés et crétinisés par les écrans numériques, l’alcool, le sport spectacle et des jeux vidéo mortifères, Farce Book, le néant hollywoodien, les magazines pipo-bobo-gogo et l’hyper consumérisme.

Je ne suis pas optimiste parce qu’au cœur de notre déclin (hexagonal et occidental) il y a une décadence culturelle profonde. Le savoir et les humanités ont été sacrifiés, les Maîtres ont été écœurés. D’autres ont déserté ou baissé les bras depuis trop longtemps. La transmission ne se fait plus. Les élites bien-pensantes taisent cette vérité parce qu’elle n’est pas consensuelle et remet en cause tout le modèle républicain, parce que les élites sont moins concernées car déjà en place, et parce qu’il est sans doute trop tard, puisque même les élites et beaucoup d’ « intellectuels » ont déserté la Culture. Cette reddition en rase campagne doublée d’une omerta honteuse constitue une trahison qui commence à se payer au prix fort et qui hypothèque gravement l’avenir national. De nouveaux milliards et des dizaines de milliers de postes d’enseignants ne changeront pas grand chose. « Il se pourrait que la vérité fut triste» (Renan). Céline disait: « Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur ». Il n’avait pas tort et il savait de quoi il parlait… Comment retrouver un peu de légende et de grandeur ?

Cincinnatus est une figure iconique de la république romaine. Aurelius Victor relate l’épisode le plus célèbre de la vie du consul: «Les envoyés du sénat le trouvèrent nu et labourant au-delà du Tibre : il prit aussitôt les insignes de sa dignité, et délivra le consul investi. Aussi Minucius et ses légions lui donnèrent-ils une couronne d'or et une couronne obsidionale. Il vainquit les ennemis, reçut la soumission de leur chef, et le fit marcher devant son char, le jour de son triomphe. Il déposa la dictature seize jours après l'avoir acceptée, et retourna cultiver son champ » (« Hommes illustres de la ville de Rome », XVII. L.). Tite Live, Dion Cassius, Denys d’Halicarnasse ont rendu hommage à ce modèle de modestie, de bon commandement et de dévouement au bien public.

Cassandre est la fille de Priam et d'Hécube, la sœur de Pâris. Sa mère est encore enceinte quand Cassandre prédit que le fruit de sa chair causera la perte de Troie. Elle reçut d'Apollon le don de prédire l'avenir, mais parce qu’elle se refusa à lui, le dieu décréta que personne ne croirait à ses prédictions. Condamnée à la solitude et au malheur, violée, elle finira assassiné par Clytemnestre. Symbole de la vérité trahie par l'ignorance, le personnage inspirera Homère, Eschyle, Ovide, et plus tard Boccace, Schiller ou Giraudoux.

« Ce que nous prenons pour des vertus n'est souvent qu'un assemblage de diverses actions et de divers intérêts que la fortune ou notre industrie savent arranger, et ce n'est pas toujours par valeur et par chasteté que les hommes sont vaillants, et que les femmes sont chastes » (François de La Rochefoucauld, Première maxime de l’édition de 1678).

Un consul romain, une princesse grecque, et un moraliste français. Le devoir, la vérité et la lucidité. Trois figures, trois symboles (européens ?) d’une grandeur perdue.


Jeudi 10 Novembre 2011 | Commentaires (0)
Broken Society, les couacs et bisbilles de l’été
Restons connectés

Voici quelques « repaires » plus ou moins frais (vérifiez la date de péremption au cul du repaire) pour ceux et celles de nos chères lecteurs et lectrices « vigilantes », qui ont été sevrées (c’est le féminin qui l’emporte) de nouvelles au cours de cet été pourri et qui souhaitent une mise à niveau rapide de leurs connaissances pour affronter les dîners en ville de la rentrée et la réaffectation de leur épargne. A lire en continuité avec l’éditorial d’Antoine Adeline, ci-devant.

Météo

Juillet a fait oublier la sécheresse des mois d’avril et de mai, sans pourtant que les nappes phréatiques se reconstituent, quoi qu’en pense Monsieur Sarkozy (le déficit se creuse !). Au cours de la première décade d’Auguste, la météo ne s’est pas améliorée. La canicule tant attendue et espérée par des fêlés, installée pour quelques jours en héxagonie à partir du 20 août, est déjà lointaine.

Allemagne

• Les allemands boycottent le foie gras français (tautologie, à telle enseigne que le foie gras de canard est nécessairement français, alors que cela se discute pour le foie gras d’oie. On gave en Hongrie, mais aussi en Bulgarie et en Espagne). Pour être précis au salon alimentaire Anuga de Cologne, qui se tient cette année du 8 au 12 octobre, le foie gras sera totalement banni. Ce n’est pas anodin, sachant qu’Anuga se veut la première foire d’alimentation mondiale, que le SIAL et le salon de l’agriculture se le disent et qu’il n’en déplaise à l’époux de Bernadette et ami intime du vénitien Pinault. Bruno Lemaire est furibond, Nicolas s’est plaint à Angela, alors que BB du fond de sa madrague, l’Ong Peta et l’association L214 jubilent. Adoptée le 22 juin 1999, une recommandation du Conseil de l’Europe avait instauré de nouvelles contraintes pour l’hébergement des oies et canards. Au nom de la liberté fondamentale de battre des ailes, elle interdit le maintien en cage des volatiles, ex basse-cour et complique de ce fait leur gavage. Le boycott est-il bien orthodoxe au regard des règles communautaires ? Faites nous part de votre point de vue images.

• L’Allemagne s’intéresse de près au nucléaire et à la Grèce… On attend la décision de la Cour suprême de Karlsruhe sur la constitutionnalité du soutien à la Grèce. Mais comment expliquer cette santé économique insolente, voire arrogante ? Croissance du PIB en 2010 3,6% et probablement autant en 2011 avec un taux de chômage de l’ordre de 7%. Quelques disparités régionales, la situation étant moins brillante dans les Länders de l’est où le taux de fécondité est en chute libre, ce qui accélère le vieillissement de la population, principal fléau de notre voisin de moins en moins rhénan. Il y a des raisons à cette santé de fer. Voulez vous que je vous les narre par le menu ? Apprentissage, tissu dense de PME… non me dites-vous. Les voitures ont brûlé cet été à Berlin à l’instar des mauvaises habitudes des quartiers nord de Strasbourg. Les deux Helmut (tous deux ex chancelier) se sont faits remarquer cet été, non pas à Saint-Tropez ou Dinard, mais l’un le plus ancien par un ouvrage « Ausser Dienst. Eine Bilanz », sorte de testament politique, et l’autre par sa jeunesse retrouvée en compagnie de sa jeune épouse, la première Hannelore, s’étant suicidée en 2001. Qui est le plus lucide des deux, sachant que Helmut Schmidt est de 10 ans l’aîné de Kohl ?


Judiciaire et juridique

• Les Foulani sous les projecteurs. Cafouillis et « foulanies », la messe serait dite. On dit aussi peul et on attend la suite (révélations, rumeurs, fuites, conférences de presse d’avocats ou du procureur de New York et développements judiciaires en France).

• Timide projet de loi sur la prévention des conflits d’intérêts dans le secteur public (Martin Hirsch). Il manque une définition du conflit d’intérêt. Il est prévu une simple déclaration d’intérêts au moment de la prise de fonction. Pas de sanction. On crée une Autorité de la déontologie de la vie publique (quid de la vie privée ?) qui émettra des avis et recommandations et ne fera pas baisser le chômage, ni augmenter le seuil de pauvreté fixé à €954.

• Jean-Claude Marin nommé procureur de la Cour de cassation. Saura-t-il être complaisant avec les notables bien élevés du côté de Neuilly, Chantilly, Washington, Lutèce ou Pasqualand?

• Equilibre budgétaire à inscrire dans la Constitution et dégringolade des places financières américaines, européennes et asiatiques. Timide rabotage des niches fiscales au programme de Fillon (on touche à rien) et appel aux riches disposés à payer plus d’impôts, une vaste plaisanterie.

• Droit local alsacien mosellan : le travail dominical est illégal au regard de l’article 3134-11du code du travail local toujours en vigueur dans les trois départements germanophones. Le Conseil constitutionnel a décidé le 5 août que cette interdiction régionale était conforme à la Constitution. Vive le droit local.

• Immobilier. Tribunaux à vendre. Rachida a fermé près de 200 tribunaux que les Domaines ont mis en vente pour juguler le déficit public. Des affaires juteuses (prix compétitifs comme à Chantilly) pour qui veut s’installer de manière cossue dans une sous-préfecture en déclin. Vous pouvez acquérir pour une bouchée de pain une résidence de plus de 1 000 m2, la transformer en maison bourgeoise ou en faire un hôtel spa & séminaire pour cadres quadragénaires ou encore créer une médiathèque ou zone artisanale.

• Grivèlerie alimentaire dans un cabinet d’avocats parisien (Le Monde du 31 juillet p. 10 relayé par France Info le 4 août). …deux salariés ont été licenciés pour avoir emporté des provisions de bouche, des restes de plateaux repas servis dans l’enceinte du cabinet. C’est tout au plus du « grappillage de restes en passe d’être détruits » reconnaît l’avocat des licenciés. Voilà une affaire qui ne mérite peut être pas un article in quarto du Monde, mais c’est sans compter avec la torpeur et l’atonie des « Affaires » en cette période de chassé-croisé estival.

Bestiaire et chronique animalière

Broken Society, les couacs et bisbilles de l’été
• 37 sangliers asphyxiés pour avoir ingurgité de l’hydrogène sulfuré, apparemment toxique, échoués sur les plages des Côtes d’Armor (Morieux) souillées et infestées par les algues vertes (salade de la mer). Le Ministre de l’Ecologie a ordonné le 9 août la fermeture des plages, dont les maires ne peuvent assurer une élimination des algues au quotidien. Le plan Fillon « algues vertes », richement doté, n’a rien donné. Heureusement que le sanglier n’est pas une espèce en voie de disparition. BHL, J. Attali, L. Ferry (a fait valoir ses droits à la retraite à Paris VII) et A. Minc se sont déclarés intéressés pour présider une commission ad hoc sur les algues. La concurrence est vive car VGE, Nanard et Rachida Dati se sont aussi fait connaître, alors que Mélanchon est occupé par ailleurs et DSK est à l’affût.

• La révolte des abeilles travailleuses contre les frelons prédateurs, immigrés et spéculateurs. Le frelon chinois (Vespa velutina, en souvenir de la marque italienne, qui a lancé son scooter après-guerre), génocidaire d’abeilles, est recherché, sa tête a été mise à prix comme celle de Kadhafi.

• La chasse aux loups autorisée dans le sanctuaire des Alpes du Sud, espèce moins protégée en raison de son goût immodéré pour les agneaux de Sisteron.

• Les méduses (il y a 200 variétés) sont de retour comme les feux de garrigues.

• Le hamster alsacien menacé, alors que la marmotte du Mercantour se porte bien. La coccinelle est décimée par les pesticides, vive la culture bio.

• Olivier Hébrard, Docteur en environnement, écrivait dans le Monde du 4 août un texte « Quel avenir pour l’écrevisse à pieds blancs ? L’agriculture intensive menace cette espèce » (comme la spéculation financière le redressement des économies occidentales). Mais rassurez vous, son cousin de Louisanne, plus résistant, se porte bien et prolifère, alors que l’écrevisse à pieds blancs, à distinguer des pieds noirs, est malade de la peste. Albert Camus, dont la fille s’est exprimée longuement dans un numéro récent du Nouvel Obs, ne nous contredira pas, même si sa mort « accidentelle » doit être mise au passif du KGB. Scientifiquement on dit aphanomycose pour la peste de l’écrevisse.

• Selon la FAO l’ensemble de l’humanité pourrait être nourrie à partir de l’agriculture biologique, ce que les éleveurs de cochon bretons contestent. La survie de l’écrevisse à pied blanc est un test dynamique de notre capacité d’évoluer, de cultiver et de manger sainement, sans importer des légumes et fruits contre saison par avion des antipodes. Si vous voulez bien nous en reparlerons.

• Le feuillage des marronniers européens victime de la chenille du papillon cameraria ohridella, une chenille mineuse particulièrement goulue et vorace.

• A Tokyo les cigales sont revenues en chantant. Saviez-vous qu’il existe environ 2000 variétés de cigales au monde?

• Après le gavage des oies, BB part en guerre contre le jeûne forcé des escargots, petits-gris ou gros de Bourgogne, marcheurs ventre à terre convaincus.

Rumeurs à gauche et à droite

• Martine Aubry et les islamistes de Jean-Louis Brochen.

• François Hollande et les confidences embarrassantes de Tristane Banon, la rivale de Monica Lewinsky, c’était du temps de Kenneth Starr, remplacé aujourd’hui par Cyrus Vance, Jr. C’est plus chic de se prénommer Tristane que Monica, la première marque un point décisif. A Londres la stagiaire du bureau ovale se lance dans une thèse de doctorat intitulée : « A la recherche du temps perdu juré impartial : étude sur le rôle des tierces personnes et de la publicité avant un procès » Cette thèse est financée par Anne Sinclair.

• Luc Ferry, lanceur de rumeurs au poids et saut en longueur.

• Temps couvert sur le Rocher escaladé par le couple princier sublimé par l’assignation contre l’Express. Plus de 100 000 curieux ont déjà visité l’exposition « L’histoire du mariage princier » au Musée océanographique de Monaco, plus spécialisé sur la faune aquatique qu’humaine, mais on se rappelle que Charlène fut une nageuse olympique habituée des bassins d’eau douce.

• Le cours de la Société Générale a chuté de plus de 20% suite à une rumeur lancée par le Daily Mail sur sa prochaine faillite. Le journaliste du Daily Mail avait pris pour argent comptant la fiction politique publiée par le Monde cet été. Nicolas a quitté le cap Nègre précipitamment pour regagner l’Elysée, le Daily Mail a reconnu son erreur et présenté ses excuses et la cotation de la banque à été suspendue le 11 août (et si c’était vrai ?). Le débat sur les sources des journalistes va être alimenté. Un journaliste glane ses infos dans la presse étrangère avec des connaissances linguistiques lacunaires et lance une bombe atomique sans que sa rédaction en vacances ne détecte le canular à la sauce rumeur. Attention aux dégâts collatéraux. Le Daily Mail sera-t-il condamné par le juge anglais pour le dommage infligé au monde, aux banques (la BNP et le CA ont chuté fortement aussi) et à la France ? Il ne serait pas étonnant que la SG assigne le Daily Mail pour la panique, l’atteinte à sa réputation et les retraits massifs opérés pas ses clients. Une jonction avec le dossier Kerviel pourrait être demandée pour asseoir la juridiction des tribunaux français. Il y a aussi les rumeurs de la rumeur.

« Affaires »

« Avant de dire quelque chose, il faut s’assurer que le silence ne soit pas plus important » aurait dit le mime Marceau.

• Les « Affaires » profitent de la trêve estivale et des vacances judiciaires. « Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait » (Marie-Antoinette). L’affaire DSK vs Diallo a évolué en un conflit communautariste aux USA. Comment aurait-on pu constituer un jury populaire, alors que la prétendue victime s’était répandue dans la presse et les media ? Aurait-il fallu, comme l’exigent les avocats de Conrad Murray, le médecin traitant de Michael Jackson, mettre le jury en quarantaine pendant toute la durée du procès qui doit commencer le 26 septembre à LA ?

• Tristane Banon a trouvé un sujet pour son prochain bouquin, qu’elle rédigera à quatre mains avec Jean-Marie Banier. L’avocat et curateur de Madame Bettencourt mère a été absout par le Conseil de l’ordre de Paris de l’accusation de conflit d’intérêts dans le dossier des paris sportifs. Qu’on se le dise, mais Bettencourt fille n’est pas convaincue, ni ses avocats (à suivre). Pourquoi la défense des mis en examen issus de la mouvance politique (anciens ministres…) est toujours assurée par 2 avocats au moins, voire 4 pour M. Chirac ? Peut-être ce quatuor est-il indispensable pour retarder le procès. Ainsi Jacques Chirac n’entend pas assister au premier jour de son procès le 5 septembre, il a choisi de retourner à Saint-Tropez chez son ami F. Pinault après son séjour à Dinard pour boire encore moult cocktails chez Séniquier, gageons que Bernadette n’aura plus à intervenir.

Broken Society, les couacs et bisbilles de l’été
• Adidas. Le CE rejette les pourvois, mais la commission des requêtes composée de 7 magistrats de la Cour de Justice de la République a décidé le 4 août, date anniversaire au combien symbolique, de diligenter une enquête sur les circonstances qui ont amené l’Etat à recourir ou accepter un arbitrage dans l’affaire Adidas, vielle de prés de 18 ans. Y-a-t’il abus d’autorité du lampiste ?
Chaque semaine apporte son lot de révélations inédites (Dédé la sardine, une relation tôlière de Nanard aurait conclu en prison un pacte sur succession future avec l’ancien propriétaire de l’OM (Nouvel Obs du 21 juillet – p. 45 + Canard Enchaîné du 20 juillet). Entre-temps Christine Lagarde a pris le large, s’est établie à Washington, a rencontré DSK et parle avec autorité à telle enseigne qu’elle se fait tancer par Laurence Parisot. Elle est sereine car les Etats-Unis n’ont pas l’habitude d’extrader vers la France, même après que 7 magistrats de la Cour de justice de la République, (selon lesquels il existerait des indices graves et concordants faisant présumer, que sous l’apparente régularité d’une procédure d’arbitrage…) aient décidé le 4 août de diligenter une enquête sur la base de deux incriminations : (i) complicité de détournement de biens publics financés par la générosité du contribuable, citoyen ayant un comportement privé s’agissant de son argent et de (ii) complicité de faux. Cette enquête, qui s’apparente à une instruction, risque de perturber quelque peu l’emploi du temps du jeune directeur général du FMI, notamment lors des auditions forcément hexagonales de l’ « accusée ». Voilà une délocalisation cornecul rondement menée. Espérons que l’ancien ministre et ex senior Partner de Baker McKenzie a souscrit une assurance défense et recours, qui financera les billets Washington - Paris en 1ère classe AF. Il est concevable que le FMI pratique les RTT et les congés sans solde. Il ne peut être soutenu raisonnablement que cette instruction, qui pourrait se prolonger par un renvoi de la dame Lagarde devant la juridiction du CJR, n’affectera pas sa lucidité. Selon son avocat l’enquête « permettra de lever définitivement le soupçon abusivement porté contre Christine Lagarde par une poignée de députés d’opposition à des fins politiques. » Ne voilà t-il pas une déclaration forte et courageuse de nature à rassurer les contribuables français et les citoyens du Monde qui dépendent des largesses du FMI ?

Mais pourquoi la nouvelle résidente de Washington s’est elle ainsi impliquée corps et âme à la recherche du bien être durable des époux Tapie, qu’elle ne fréquentait probablement pas ? L’enquête l’expliquera peut-être aux citoyens/contribuables, quoi qu’en pensent les époux Tapie ?

La bonne nouvelle est que les équipementiers sportifs, Adidas, Nike et Puma se portent bien et affichent d’excellents résultats, ce qui doit remplir Nanard de joie.

Eric Woerth, le cornecul des hippodromes, est dans ses petits souliers, car il risque d’être mis en examen pour détournement de fonds publics et abus d’autorité.

• AREVA, la parité a pris un coup sévère, mais c’est le prix que Nicolas est prêt à payer pour faire plaisir à ses potes. Pourquoi Edouard de Rothschild a-t-il été cherché Anne Lauvergeon pour lui proposer de prendre la présidence du conseil de surveillance de Libération ?


Broken Society, les couacs et bisbilles de l’été
Nominations et distinctions

• Dominique Baudis, défenseur des droits, nommé par Nicolas Sarkozy le 22 juin a formé son équipe. Il n’est juriste, ni de prés, ni de loin, mais il connaît Monsieur Allègre… Il vient de compléter son équipe hétéroclite après les nominations faites par les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. Il y a les collèges et leurs 21 membres, des chargés de mission en pagaille, des femmes, des magistrats. Tout cela va coûter fort cher en cette période de rigueur budgétaire. Baudis fera t-il mieux que Schweizer ?

• David Douillet, secrétaire d’Etat aux français de l’étranger, ce n’est ni un gag, ni une rumeur, ni un canular, mais une triste réalité bling bling voulue par le Président. Il est soupçonné d’avoir un compte au Lichtenstein et s’occupe des français établis dans le canton de Vaud, mais pas seulement, car il faut aussi soigner Johnny résident à LA. Ceci a encouragé Frédéric Mitterrand à bordurer Liza Minnelli de la légion d’honneur.

• Le Trophée des DRH 2011 organisé par Hudson a été attribué à François Nogué, DRH de la SNCF en présence de Guillaume Pépy (ENA 1984, ancien directeur de cabinet de Martine Aubry), qui a su rendre la SNCF bénéficiaire en 2010. Les réseaux…Tout est lié en France.
Pipole

• Les belges n’ont toujours pas de gouvernement, mais sont fort bien équipés en mannequins capables de séduire de richissimes gaulois entrepreneurs et entreprenant, à l’instar de Jean-Paul Belmondo primé à Cannes. Raymond Domeneck n’a pas attendu le verdict des prud’hommes, il vient d’empocher un chèque « brut » de €975 000 pour oublier l’Afrique du Sud. Transiger a le vent en poupe. Madame Woerth et son avocat y songent.

• Descente aux enfers. Le club des 27, dont Johnny a été exclu depuis fort longtemps, recrute après la disparition d’Amy Jade Winehouse à la cuisse accorte et un faible pour les petites gouapes. Il n’y a pourtant pas de quoi siroter une bière tiède ou pleurer devant un fish & chips arrosé de vinaigre. Amy restera célèbre pour avoir craché sur Pippa Middlelton, la cadette rutilante.

En vrac

• Disparitions de Cy Twombly (primitivisme) et Julian Freud (hyperréaliste), ce dernier ayant refusé de se déplacer à Buckingham pour faire le portrait d’Elisabeth II. Michel Mohrt, breton, écrivain et académicien depuis 1985, est passé de l’autre côté à 97 ans. Suicide du perchiste Pierre Quinon à 49 ans, soit la moitié du parcours de Mohrt. Départ aussi de Henri Tissot, l’imitateur incomparable du grand Charles.

• Chavez de retour à Cuba, ce qui ne l’empêche pas de déclamer son soutien indéfectible à Khadafi et pourquoi pas à Bachar Al-Assad

• Le congrès des notaires en présence de François Fillon, dont le père était notaire. Voyons donc.

• Le phénomène Abercrombie & Fitch sur les Champs Elysés dure depuis le 14 mai 2011, les queues toujours allongées d’adolescent(e)s sans solde, bruyantes et les vendeurs sexys attestent de la notoriété de la marque. Le groupe de prêt-à-porter américain a décidé de verser une importante somme d’argent à Michael Sorrentino pour qu’il s’habille ailleurs. Essayez…

• Nous aborderons les niches et exonérations dont bénéficient les grandes entreprises une autre fois.

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Article illustré par Fabrice Guéroux


Mardi 6 Septembre 2011 | Commentaires (0)

(28 aout 2011)


LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres / Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! / J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres / Le bois retentissant sur le pavé des cours…» (Baudelaire, in memoriam). Trop court, trop chaud, trop froid, trop sec, trop humide ? Temps de cochon pour les sangliers bretons, mais aussi au Sofitel, à la bourse, en Norvège, en Syrie, à Manhattan. La recherche du temps perdu…

Pour la Libye. Tripoli brûle-t-elle ? Game over et no extra bullet pour le capitaine Kadhafi, autoproclamé Colonel lors de sa prise de pouvoir en 1969. Au fil des décennies le fringant officier non aligné, héraut du panarabisme, du panafricanisme et de «l’état des masses» (Jamahiriya beaucoup) aura nargué l’occident (il adorait se faire baiser les babouches), avant de sombrer, ivre de dizaines de milliards de pétro dollars siphonnés -moitié Bab El Her [1] moitié Olrik des sables [2] - dans la paranoïa et les dérives despotiques, victime de son personnage de Satrape ubuesques costumé par Christian Lacroix pour les Indes galantes.

Après 42 ans de pouvoir, abandonné par sa garde rapprochée d’amazones, le «guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste» doit plier ses tentes. Sa tête est mise à prix 1,2 millions d'euros. C’est peu et presque humiliant pour un ex Président de l'Union Africaine qui s’était proclamé « roi des rois traditionnels d'Afrique ». Syrte dernier bastion fidèle; un clin d’œil à Julien Gracq. La guerre est gagnée mais le plus difficile reste à faire pour le Conseil National de Transition (CNT) : reconstruire une nation, un Etat, la concorde et la liberté en se méfiant des faux frères.

Que va devenir le prix Mouammar Kadhafi des droits de l'Homme ? Créé en 1988 il honorait « les personnalités et les organisations qui jouent un rôle marquant dans le domaine des droits humains ». Les derniers récipiendaires furent les Bibliothèques de la ville de Tombouctou (2007), Dom Mintoff, homme politique maltais (2008), Daniel Ortega, président du Nicaragua (2009), Recep Tayyip Erdoğan, Premier ministre de la Turquie (2010).

Pour les syriens. Stoïques, ils cherchent à s’affranchir du joug de Bachar El Assad. La répression aveugle de l’ophtalmologue sanguinaire a fait au moins 2200 morts depuis mars dernier. Ses sicaires ont récemment écrasé les mains du caricaturiste Ali Farzat qui déplaisait au pouvoir. Avec moins de pétrole que la Libye, peu de soutien occidental et des Russes qui refusent de lâcher leur vieil allié, la liberté se paie au prix fort à Damas.

Pour le PS. Derrière DSK il faut passer l’éponge… Le CNTT (Comité National de Tractatio-Tergiversation) de la rue de Solferino doit pimenter le consensuel mais insipide couscous électoral, pacifier les tribus, et éviter la guerre des deux roses entre les Hollancastre et les Aubryork. ‘Bernard Héros Libyen’ va organiser une grande soirée orientale pour célébrer le retour de son ami Dominique et la chute de Kadhafi. Arielle Shéhérazade ouvrira le bal au bras de DSK Iznogoud. Bonne nouvelle, ce dernier n’est pas impliqué dans les scandales sexuels de la RATP. Contrairement à Kadhafi il possède un alibi en béton armé. Il préfère les Porsches au métro et il était à New York dans la nuit du 14 au 15 mai 2011. Le Sofitel de la 44ème rue a fourni une attestation.

Pour le gouvernement. Il n’a pas intérêt à faire l’andouille pour garder le « AAA ». Il faut trouver dare-dare un chaudron de sesterces, 11 milliards d’euros en 2012 ! Pas facile en période de conciliation électorale pour un Etat « en situation de faillite sur le plan financier » depuis déjà 2007. Le chef de l’entreprise France n’avait-il pas l’obligation de procéder à la déclaration de cessation des paiements dans les 45 jours ? Faute de réformes structurelles il reste le bricolage : TVA renforcée pour le parc Astérix, le Fanta et les bonbons Haribo, taxe spéciale sur les propriétaires d’atolls de plus de 3000 hectares etc. Retour à la niche en essayant de vendre la règle d’or au prix fort. Aux enfants et petits enfants le fardeau d’une dette publique de 1600 milliards d’euros, mais patience, dans son rapport de juillet le Centre d’analyse stratégique prévoit une possibilité d’embellie sur l’emploi à l’horizon 2030. « Il y a trois méthodes traditionnellement française pour ruiner une affaire qui marche : les femmes, le jeu, les technocrates. Les femmes c’est le plus marrant, le jeu c’est le plus rapide… le technocrate c’est le plus sûr ! » Audiard dixit.

Pour les femmes. Les règlements de comptes post affaire DSK entre féministes, politiques, juristes, sociologues et psychologues de tous les sexes, n’en finissent pas de fertiliser les « class-race-gender studies ». Il est temps de rendre à Cléopâtre ce qui lui revient. Selon le classement annuel du magazine Forbes la chancelière allemande Angela Merkel a repris son titre de femme la plus puissante du monde (détrônant Michelle Obama lauréate 2010), devant la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton (2e) et la Présidente brésilienne Dilma Rousseff (3e). Ces femmes dont la puissance est évaluée à l’aune de leur fortune, de leur pouvoir, de leur audience et réseaux sociaux, contrôleraient collectivement un total de 30.000 milliards de dollars. Vive les femmes puissantes !

Notre Christine Lagarde nationale arrive en 9e place avec une seule copine française, Dominique Senequier, patronne d'Axa Private Equity (98e). Liliane s’est elle fait la malle ? La reine Elizabeth, 85 ans (49e) doyenne, est devancée par la benjamine «Lady Gaga» (11 e). Accessits pour l'opposante birmane Aung San Suu Kyi (26e), la reine Rania de Jordanie (53e), la présidente du Costa Rica Laura Chinchilla (86e) et Sarah Palin (34e). « L'ambition enivre plus que la gloire » (Proust).

Pour le général Giap. Il vient de célébrer son 100ème anniversaire. Le vainqueur de Dien Bien Phu aura survécu à son camarade Bigeard. Le fondateur de l'armée révolutionnaire Viet Minh, exclu du bureau politique du Parti communiste depuis 30 ans, joue encore les franc tireur. Il affirmait en 2006 que le Parti communiste « était devenu un bouclier pour les responsables corrompus ». «Les vrais paradis sont les paradis qu'on a perdus» (Proust).

LES MAUVAIS ELEVES DE LA RENTREE

Luc Ferry et Luc Chatel sèchent

Le journaliste de RMC Jean-Jacques Bourdin a piégé le ministre de l'éducation, Luc Chatel, qui ne maîtrise pas la règle de trois. Le problème tiré d’un cahier d'évaluation de l’Education Nationale n’était pas insurmontable : « Dix objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent quinze de ces objets ? » Le ministre hésitant a fini par répondre « 16,50 euros. » Version rue de Grenelle, le but des évaluations est de « renforcer les compétences des élèves là où elles sont insuffisantes en mobilisant les dispositifs d'aide personnalisée ». Version Gabin: «On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis»( Le Président). Question de rattrapage: si chaque joueur du Loto (mise de 2 euros minimum) a une chance sur 19 millions de trouver les six bons numéros du premier rang nécessaires pour remporter la cagnotte, combien de chance le même joueur a-t-il de trouver de nouveau les six bons numéros du Loto (en ne jouant que deux fois) ? Réponse: une chance sur 363 billions (calcul de la Française des jeux). Un montpelliérain, qui avait gagné l'équivalent de 2,8 millions d'euros en 1996, vient de gagner 3.001.373,50 euros ! La chance c’est ce qu’on ne mérite pas disait Paul Guth.

Luc Ferry, moins vernis a été convoqué en juin par le président de l'Université Paris-Diderot qui lui réclame le remboursement d’une année de salaire net mensuel (4.499 euros) pour les 192 heures de cours non effectuées en 2010. Détaché, le philosophe ancien ministre de l’Education, considère que c’est à l'université Paris-VII de prendre en charge son traitement de Président du célèbre Conseil d'analyse de la société, un think tank heideggérien, rattaché aux services du Premier ministre. Finalement c’est Matignon qui paiera. A Paris ou au Maroc, pour les ex ministres «Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats» (Proust).

PPDA et Joseph Macé-Scaron pompent

Directeur du Magazine littéraire, directeur adjoint de Marianne, le chroniqueur littéraire multicarte et poly-média, Joseph Macé-Scaron, a « emprunté » dans son roman Ticket d'entrée, (Prix de la Coupole) certains passages du roman, « American rigolos - chroniques d'un grand pays » de Bill Bryson. Ernst Jünger, Jay McInerney, Victor Malka et Rachel Cusk auraient aussi fortement inspiré le nouveau Montaigne. JMS reconnaît avoir fait « une connerie» mais rejette le terme de plagiat. Le galopin invoque pour sa défense les jeux grisants de l’intertextualité… Vous avez dit « Roman comique » ? « Les absents sont assassinés à coups de langue» (Paul Scarron).

PPDA dépasse les bornes. Accusé de plagiat en début d'année pour sa biographie d'Hemingway (« emprunt » d’une centaine de pages à une biographie de Peter Griffin), il a été assigné par une ancienne compagne pour contrefaçon et atteinte à l'intimité de la vie privée, pour son roman « Fragments d'une femme perdue ». L’ex Belle Héloïse, Madame Borne, dénonce une atteinte à l'intimité de sa vie privée et des faits de contrefaçon des lettres d'amour qu'elle lui avait adressées. Selon l’avocat du journaliste « On peut certes retrouver certaines traces d'Agathe Borne dans l'ouvrage mais pour Patrick, plusieurs femmes font une femme ». Proust et DSK (qui dépasse les bonnes) à la barre ? Albertine-Gilberte-Odette, Anne-Tristane-Piroska-Naffisatou-Ophélia, sans oublier la femme de chambre de la baronne Putbus. En mars dernier le ministre allemand de la défense avait du démissionner, accusé d'avoir bricolé grâce au copié collé sa thèse de doctorat; il ne pouvait s’appeler que… Karl-Theodor zu Guttenberg. «En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même» (Proust).

ACTUALITÉ JURIDIQUE ET JUDICIAIRE

Droit à l’image; Gainsbourg v Johnny: duel d’idoles. A Épinal, une altercation dramatique a opposé un sosie de Serge Gainsbourg, Denis C, à un sosie de Johnny Halliday, Michel P. Le premier «se serait moqué de l’imitateur de Johnny, Michel P. alias Johnny Vegas, qui était en train de tondre la pelouse. L’idole des jeunes a rétorqué avec sa gouaille cinglante habituelle. « Gainsbarre », ou plutôt Denis C., l’a mal pris. Il est sorti de chez lui avec un couteau et il l’a planté dans la gorge de Michel P. Malgré la gravité de la blessure, la victime a pu s’enfuir et se réfugier une centaine de mètres plus loin, chez un riverain qui a alerté les secours. Michel P. a été conduit à l’hôpital où il était toujours hier. Ses jours ne sont pas en danger». (L’est républicain). Le sosie de l’homme à la tête de coupe choux a été placé en garde à vue et mis en examen pour tentative de meurtre. Il risque de passer trente ans derrière les portes du pénitencier. «La vie pouvait-elle me consoler de l'art ? Y avait-il dans l'art une réalité plus profonde où notre personnalité véritable trouve une expression que ne lui donnent pas les actions de la vie ? » (Proust).

Le chanteur abandonné par les juges de Strasbourg. S’agissant du droit à l’image et de la liberté d’expression, la CEDH dans son arrêt du 23 juillet 2009 (Hachette Filipacchi Ici Paris c/ France) avait conclu à l'unanimité à la violation de l'article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Hommes (sur la liberté d'expression) par la France. Johnny H n’avait pas aimé un article (« S’il faisait un bide à Las Vegas ? Johnny l’angoisse ! ») qui faisait référence à ses difficultés financières et à ses goûts de luxe. Invoquant le droit à l’image et à la vie privée il avait obtenu en 2002 la condamnation de maison d’édition. Mais les juges de Strasbourg n’ont pas suivi et ont estimé que les limites attachées à l’exercice de la liberté journalistique dans une société démocratique n’avaient pas été dépassées.

CULTURE: RAUL, JULIEN ET MARCEL

Le cinéaste franco-chilien Raul Ruiz exilé en France depuis 1973 vient de s’éteindre à l'âge de 70 ans. Après des études de droit et de théologie, il s’essaie au théâtre avant la réalisation de son premier long-métrage « Tres tigres tristes» présenté au Festival de Locarno en 1969. Esprit encyclopédique et baroque, héritier des surréalistes et de Borges, il laisse une œuvre considérable. On retiendra parmi ses 117 opus L'Hypothèse du tableau volé (1978), « Les trois couronnes du matelot » (1983), « Les âmes fortes » (2001), « Mystères de Lisbonne » (prix Louis-Delluc 2010), et surtout, en 1998, une somptueuse adaptation de «La Recherche», « Le Temps retrouvé ». « Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant » (Proust).

« La pièce était un rapport de police en provenance d’Engaddi, une misérable bourgade de l’intérieur des Syrtes qui ravitaillait les caravaniers de l’extrême Sud. Le rapport était bref et précis. Il signalait qu’une caravane venant d’arriver à Engaddi avait eu contact au point d’eau de Sarepta avec un rezzou démonté de nomades ghazanides, qui ne s’aventurent qu’exceptionnellement dans ces parages – où sinue une frontière toute théorique – avant le retour de la belle saison. Des détachements farghiens armés venaient de chasser leur bétail de ses pâturages d’hiver situés loin dans l’est, en réquisitionnant les chevaux pour la remonte de la cavalerie, et des recoupements, des renseignements nombreux fournis par des témoins oculaires indiquaient qu’une armée farghienne d’un effectif mal déterminé, mais « nombreuse », les suivit à quelques étapes, contournant la mer des Syrtes par l’est en direction de la frontière ». (Julien Gracq « Le rivage des Syrtes » (1951).

«Le jour d’été qu’elle découvrait semblait aussi mort, aussi immémorial qu’une somptueuse et millénaire momie que notre vieille servante n’eût fait que précautionneusement désemmailloter de tous ses linges, avant de la faire apparaitre, embaumé dans sa robe d’or (…/…)Et comme un aviateur qui a jusque là péniblement roulé à terre, ‘décollant’ brusquement je m’élevais lentement vers les hauteurs silencieuses du souvenir » (Proust).

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[1] Voir Tintin au pays de l’or noir.

[2] Voir Blake et Mortimer, « Le secret de l’espadon », et l’éditorial de La Revue de septembre 2009


Mardi 30 Août 2011 | Commentaires (0)
Selon Paul Valéry, « [p]our effrayant que soit un monstre, la tâche de le décrire est toujours un peu plus effrayante que lui. Il est bien connu que les misérables monstres n’ont jamais pu faire dans les arts qu’une figure ridicule. Je ne vois pas de monstre peint, chanté ou sculpté, qui non seulement nous fasse la moindre peur, mais encore qui laisse notre sérieux en équilibre. »

Léviathan : un monstre au grand-palais

L’installation dans la Nef du Grand-Palais du 11 mai au 23 juin de Léviathan, la sculpture gargantuesque d’Anish Kapoor, illustre l’idée voisine que le monstre représenté, s’il n’est pas forcément ridicule, n’inspire en tout cas pas nécessairement la crainte.

Loin du Léviathan de la Bible, décrit tour à tour comme un crocodile (Livre de Job, 40), un hippopotame (Livre de Job, 41.1), ou encore un « serpent fuyard et tortueux » (Esaïe 27.1), la sculpture monumentale du Britannique se présente comme le nouveau « ventre de Paris » dans lequel le visiteur est ingéré, avant d’accéder à la Nef pour admirer l’échine carmélite flexueuse.

De l’intérieur, c’est l’impression d’une « cathédrale engloutie » (Debussy) qui vous saisit, avec son halo de rosaces incarnat, ou encore la sensation d’une bathysphère émergée, aux parois jaspées et sur lesquelles se projette en ombres chinoises la canopée de fer gris du Grand Palais.

A l’extérieur, vous mesurez le contraste entre l’intérieur enflammé et flamboyant dans lequel vous étiez à l’étroit, et les ronds lisses de la chair colombine dont les bras s’étirent de part et d’autre : la Nef est grosse d’un monstre gonflé, au sens propre et au sens figuré. Vous réalisez la structure en poupées russes de la sculpture, dans laquelle vous étiez imbriqué avant de rejoindre la Nef, elle-même dressant sa voûte de verre au-dessus de Léviathan. Vous vous figurez le destin des enfants du Titan Cronos, ingurgités par leur père, de crainte d’être détrôné par l’un d’eux, selon la prophétie. Anish Kapoor a lui aussi arpenté les intestins enflammés du Léviathan, et comme le voulait une autre prophétie, a mis fin, le 23 juin, au règne de la créature qu’il a conçue spécialement pour le Grand-Palais, comme Zeus avait lui-même eu raison de son père.

L’exposition renoue aussi d’une certaine façon avec une tradition qui avait été interdite en Grande-Bretagne en 1885, l’exhibition de « phénomènes » humains. Le plus connu est sans doute Joseph Merrick, « Elephant Man », condamné à être un phénomène de foire car inapte à exercer un quelconque travail en raison de ses difformités. Le nom de Léviathan, répété haut et fort, dressé, hissé, exhibé sur la façade du Grand-Palais, frappé sur les tickets d’entrée, contribue à apprivoiser et à s’approprier le monstre divin, dont la désacralisation a débuté au XXème siècle puisque le nom désigne aussi des bacs dans lesquels la laine est trempée afin de la faire dégraisser.

« Sexe, mensonges et (réseaux sociaux) »

Selon une étymologie possible, monstre viendrait de monere «faire penser à; faire se souvenir; avertir ». Le monstre se fait alors celui qui montre. Au début des années 1930, la France entière se passionne pour les sœurs Papin, duo ancillaire coupable du double meurtre sur leurs patronnes, la majorité de l’opinion réclamant vengeance tandis qu’à la marge, les « brebis enragées » étaient récupérées pas la presse de gauche comme symbole de la lutte des classes.


Si les ragots font figure d’ « opium du peuple » depuis des décennies, un pas semble franchi aujourd’hui avec la sur-médiatisation des pécheurs et l’avidité des spectateurs-lecteurs à s’abreuver de preuves vidéos, photos, textos. Dans une frénésie cathartique, après la mise au pilori de DSK, c’est au tour d’Anthony D. Weiner, représentant de New York au Congrès, d’être exhibé. Une bête de foire en chasse une autre.

Weiner avait par erreur posté sur son Twitter des photos de lui dénudé destinées à être envoyées en message privé à l’une de ses cyber-maîtresses. Weiner a dans un premier temps étayé la thèse du piratage de son compte avant de battre sa coulpe pour son infidélité virtuelle. Ses dérapages (ainsi que les réponses féminines) ont été moqués dans l’émission Real Time de HBO et lus à haute-voix par Jane Lynch et Bill Maher avec force rires forcés (et enregistrés ?) en fond sonore car à vrai dire, il n’y avait absolument rien de drôle. Barack Obama a réclamé la démission du Congressman. De son côté, Traci Nobles, l’une des conquêtes de Weiner n’est pas inquiétée, et continuera d’officier en tant que professeur de cheerleaders au sein de la YWCO (Young Women’s Christian Organization).

Sus au soja !

Si le diable est celui dont on ne doit pas prononcer le nom, on peut logiquement dire qu’au contraire nommer le monstre permet d’en circonscrire la monstruosité. Ainsi le monstre sonore « vuvuzuela » fait son entrée dans le petit Robert illustré, de même que « caïpirhina », cocktail brésilien à base de cachaça, de sucre de canne et de citron vert, ou encore « cagole », marseillaise piranha-esque.

La « bactérie tueuse » illustre bien aussi cette idée. D’abord l’inconnue, l’ « x » de l’équation mortelle, traquée au sein de la normalité, de l’habitude, car tapie dans l’assiette. Voici que, au seuil de l’été, concombres, tomates et salades ont été stigmatisés, avant d’être innocentés grâce à l’identification de la souche bactérienne, au doux nom barbare d’Escherichia Coli entérohémorragique O 104-H4, puis à la découverte de l’origine de la contamination dans une ferme biologique du nord de l’Allemagne, et plus exactement dans les délicates chevelures emmêlées des pousses de soja et autres graines germées.

Même si on évalue à au moins 35 morts le nombre de victimes de la bactérie, la vague de peur s’est calmée sitôt qu’on l’a identifiée, au point d’être déjà presque reléguée au passé : « [v]inrent alors les plaisanteries, les fous rires, les cauchemars, quoi de plus normal chez des être jeunes et insolents qui, ayant trompé la mort, l’ont instantanément méprisée. » (Zoé Valdés)

« Boucher » Al-Assad et l’Hydre de Lerne libyen

En Syrie, tout a commencé comme le mythe du roi Midas s’achève : par une phrase, là chuchotée et répétée par les roseaux, ici taguée sur un mur d’école et rugie par des parents éplorés, sans intention de nuire et sans en saisir encore la portée : « Le peuple veut la chute du régime ».

Mustapha Khalifé, militant politique libyen, raconte que se sont ensuivies l’arrestation et la disparition de 15 écoliers. Les parents se sont enquis du sort de leurs enfants. « Vous êtes des animaux. Oubliez vos enfants et retournez vers vos femmes en faire de nouveaux et si vous n'en êtes plus capables, nous le ferons à votre place », se sont-ils vus rétorquer par le cousin de Bachar Al-Assad.

Aujourd’hui le bilan est d’au moins 1200 morts, parmi lesquels 70 enfants, dont certains avaient à peine 4 ans.

Le Conseil de sécurité de l’ONU traîne et peine, avec la perspective des vetos russe et chinois- les deux membres permanents s’opposant à toute ingérence dans les conflits du monde arabe- à adopter une résolution condamnant le régime syrien, alors que comme le rappelle Gérard Arnaud, ambassadeur de France à l’ONU, « il en va de la crédibilité du Conseil de sécurité et de ses membres, dont le mandat est de protéger la paix et la sécurité internationales. »

Les choses ne sont guère plus avancées en Libye, où les capacités de l’OTAN sont mises en cause. Si le conflit devait durer plus de 6 mois, la situation serait extrêmement critique concernant les ressources dont disposent les 28 pays de l’Alliance Atlantique.

Mise en perspective avec les tentatives de déstabilisation dont est victime Barack Obama, la résolution du conflit se complexifie davantage. Des élus démocrates et républicains ont en effet déposé une plainte le 15 juin à Washington arguant de l’inconstitutionnalité et de l’illégalité des frappes aériennes américaines en Libye. D’une part, affirment-ils, alors que le Congrès est seul compétent pour déclarer la guerre, Barack Obama s’est passé du feu vert de ce dernier, et d’autre part, le texte de 1973, « War Powers Resolution », dont l’objectif était de limiter les pouvoirs du président en matière de déclenchement des guerres, a clairement été violé. En effet, cette loi précise notamment qu’en l’absence d’autorisation du Congrès, les opérations ne doivent pas dépasser 60 jours, et que le retrait doit être terminé 90 jours après le début de l’intervention. Or, ce délai a expiré le 19 juin 2011.

Les perspectives de démocratisation de la Libye en cas de victoire contre le colonel Kadhafi sont bien fragiles, car selon les experts, il existe un « risque islamiste » en Libye, les vrais démocrates étant minoritaires parmi les insurgés formant le Conseil National de Transition, la majorité se divisant entre d’anciens proches du tyran libyen, des tenants de la monarchie et des suppôts d’un islam radical. A cela s’ajoute le récent pillage des arsenaux qui contribue à renforcer la présence de l’AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique).

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De la même façon qu’Emile Durkheim écrivait que « le crime est normal », il est possible d’affirmer que le monstre est lui aussi normal. Créature issue de la nature, et soumis à ses lois, le monstre constitue en quelque sorte une excroissance humaine qui met en exergue l’hybris du monde actuel.



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Jeudi 30 Juin 2011 | Commentaires (0)

(20 mai 2011)


LE FESTIVAL DE « KHAN »

« Dominique» comme Saint Dominique (de Guzman), fondateur de l’ordre des Prêcheurs. La légende noire et fausse a fait de Dominique un inquisiteur alors qu’il ne combattit l’hérésie que par le prêche. Les revenus et les propriétés sont prohibés. L’ordre doit pratiquer la mendicité conventuelle. Pas de procédure inquisitoire à New York, mais si ça tourne au vinaigre, DSK pourra toujours se vouer à son sein patron. L’ordre accorde une large place à la prière et à la méditation. Il pourra se replonger dans le roman de Fromentin « J'entrai dans la vie sans la haïr (...) avec un ennemi inséparable, bien intime et positivement mortel : moi-même » (« Dominique »), ou dans celui de Mirbeau, adapté par Luis Buñuel « ... cette tristesse et ce comique d’être un homme. Tristesse qui fait rire, comique qui fait pleurer les âmes hautes » (« Le journal d’une femme de chambre »).

« Strauss» comme Richard, compositeur du « Chevalier à la rose » (« Der Rosenkavalier »), et d’un chœur a capella, « La Déesse dans le cabinet de toilette » (Die Göttin im Putzzimmer).

« Kahn» comme Albert, banquier, philanthrope, mécène idéaliste, et grand amateur de jardins. Il meurt en 1940 ruiné par la crise de 1929. Les huissiers ont fait l’inventaire de ses biens alors qu'il était encore sur son lit de mort. « Kahn » comme « Gengis » (Чингис Хаан), empereur Mongol ambitieux et brillant mais aux méthodes un peu expéditives.

Viol de nuit (?) et chronique d’une explosion en vol annoncée. Tout est déballé, filmé, décrypté en temps réel. Cocktail maléfique de sexe, pouvoir, argent, politique, droit et morale. Le tsunami médiatique dépasse les fantasmes les plus fous d’Hollywood, «CNN», «Libération», «Le Canard enchaîné» ou «La Revue». L’étalon or du scandale planétaire vient d’être établi, magnitude maximum de 15 sur la nouvelle échelle, dite de «Strauss Khan». «Palme d’or» du moins bon premier rôle, et excitation maximale autour de la boite noire de DSK. John Galliano, Mouammar Kadhafi, Laurent Blanc, Jacques Chirac et Bachar el Assad soufflent un peu. Trop tard pour Oussama ben Laden.


Tragédie, pantalonnade, tristesse, gâchis, redistribution des cartes politiques à un an de la présidentielle, assassinat médiatique, suicide politique, crucifixion judiciaire. Du capitole à la Porsche Tarpéienne (à moins que ce soit la roche Cayenne), le Faune monétaire international est condamné à boire la coupe jusqu'à l’hallali. Confrontés à la présomption d’innocence du coupable victime d’un bon coup très bien monté, à l’omerta des journalistes et des camarades, les féministes fulminent et les anglo-saxons hypocrites se déchaînent sur le «French perv». DSK « contre les femmes, tout contre » (Guitry). Docteur Strauss et Mister Khan, tout Paris savait, tout Paris a un point de vue : les ex victimes (une class action bientôt en route?), les journalistes, les psys, les criminologues, les juristes, BHL. Ce dernier, ex futur Malraux de DSK en 2012, se répand en sophismes maladroits qui plombent un peu plus son ami. Il préparerait, le Flore au fusil, avec Polanski et le 3eme régiment d’infanterie de Marine, une opération commando (nom de code «Papillon») direction Rikers Island pour arracher DSK de l’ile du Diable et des griffes yankee. En hausse : le New York Bar, les stages de prévention du «risque sexuel», le French Lover (Berlusconi finissait par lui faire de l’ombre). En baisse : les Porshes, le plan de sauvetage de la Grèce et du PS.

Au-delà (ou en deçà) du droit, il y a les mythes et la religion. «D» comme «Dionysos», dieu de l’ivresse, du délire extatique et de la tragédie. «D» comme «Don Juan» le burlador, voluptueux et pervers séducteur de Séville «La desvergüenza en España /se ha hecho caballeria». «D» comme Dieu ou le Diable. Le catéchisme de l’Eglise catholique (1992) définit le péché comme: «une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite; il est un manquement à l'amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause d'un attachement pervers à certains biens. Il blesse la nature de l'homme et porte atteinte à la solidarité humaine ». Pas facile de s’en sortir. Avec le judaïsme, 613 commandements, les impuretés rituelles et le bouc émissaire. Gare aux concubines et au veau d’or ! « Le péché de la chair est le plus abominable de tous les péchés et ce crime est si bien le plus grand de tous les crimes qu’il faut être à deux pour le commettre » (Cardinal Le Camus). Ici bas : « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie » (« L’homme qui aimait les femmes », Truffaut, 1977). La bombe DSK a déjà fait beaucoup de victimes et nous ne sommes qu’a J + 6. Après la stupeur, le voyeurisme et la fascination (étymologiquement du latin « fascinus », ce que les Grecs nommaient phallos), l’indigestion de DSKite nous guette.

PENDANT CE TEMPS, LE PURIN D’ORTIE…

Les Nations Unies recherchent la potion magique permettant de produire davantage de richesses en consommant moins de ressources naturelles. Son Programme pour l'Environnement vient de publier un rapport, « Découpler l'utilisation des ressources naturelles et les impacts environnementaux de la croissance économique » destiné à « fournir aux décideurs des évaluations indépendantes et scientifiques sur l'utilisation durable des ressources naturelles ». Premiers effets positifs sur l’écosystème attendus en 2055. Entre temps, la multiplication des candidats écolo à l’élection présidentielle de 2012 aura épuisé le terreau électoral, et le Danemark vient de revendiquer le pôle Nord.

Deux études, (Berkeley et Centre médical Mount Sinaï) qui ont analysé les résidus de pesticides contenus dans l'urine maternelle et testé le niveau de chlorpyrifos dans les cordons ombilicaux confirment l’extrême dangerosité des pesticides. Les enfants exposés in utero à des pesticides risquent d'avoir un quotient intellectuel nettement inférieur aux autres vers l'âge de sept ans. Les jardiniers de l’Elysée sont-ils au courant ?

La vente du purin d'ortie sera bientôt autorisée en France. Cette décision s'inscrit dans le cadre plan Ecophyto 2018 destiné à promouvoir une alternative aux pesticides chimiques. L'autorisation de mise sur le marché achoppait sur des questions réglementaires et financières (40 000 euros pour déposer un dossier). Le ministère de l'agriculture a trouvé la parade : « Nous avons demandé l'inscription de l'ortie sur la liste européenne des 'substances de base', ce qui nous permet une mise sur le marché ». Faut-il planter du cannabis autour de la centrale de Fukushima? La solution, un peu fumeuse, a déjà été testée à Tchernobyl pour tenter d'assainir les sols contaminés, mais les écologistes restent sceptiques.

A la Faculté de pharmacie de Marseille, la promotion «Jacques Servier» (le nom avait été choisi en juin dernier, avant que n’éclate le scandale du Médiator) a été rebaptisée Galien. A peine plus rassurant. « Notre assassin (un médecin) renonce à son art inhumain, Et désormais, la règle et l’équerre à la main, Laissant de Galien la science suspecte, De méchant médecin devient bon architecte » (Boileau)

ACTUALITE JURIDIQUE ET JUDICIAIRE

Droit du sport et discrimination sexuelle; les femmes au volant : La «Fédération Internationale de Badminton» impose aux compétitrices le port de la jupe (tolérant qu’elle puisse recouvrir un short), mais se défend de sexisme. Selon son vice-président Paisan Rangsikitpho: « Cela n'a jamais été notre intention de présenter les femmes comme des objets sexuels …/…Nous avons besoin de pouvoir différencier le jeu des femmes …/…Cela nous aidera à toucher un public plus large, parmi les plus jeunes et les plus âgés, les femmes et les hommes, pour qui la présentation esthétique et stylée des joueurs est un critère important ».

Droit bancaire et orthographe : Mouammar Gaddafi, Mu’ammar Gaddafi, Mouammar Kadhafi etc. Le Trésor américain recense douze transcriptions du patronyme du futur ex-Président libyen, mais il y en aurait 110. Cette orthographe difficile piège les logiciels des banques et rend délicate l’identification des milliers de comptes contrôlés par le colonel, et le gel des milliards détournés. Contrairement au chinois ou au japonais, l’arabe n’a pas de transcription standardisée, et la prononciation du même nom varie selon le lieu. Après les comptes en Suisse, de beaux contentieux !

Droits européen des contrats : Le Comité économique et social européen s'est prononcé en faveur d'un droit européen optionnel des contrats, parallèle aux régimes nationaux, qui pourrait dans un premier temps concerner les contrats transnationaux de vente de biens. La Commission devrait présenter une proposition de Directive cet automne. Sur le papier les avantages sont évidents: simplification, plus grande sécurité et confiance, limitation des contentieux et des coûts. En pratique, il ne sera pas simple de mettre en musique 27 partitions. Les juristes savent bien qu’au-delà des différences de corpus juridiques, les mots et les concepts n’ont pas la même signification, les concordances sont complexes, et le prisme jurisprudentiel et doctrinal complique un peu plus la donne. L’exemple du principe de «bonne foi» est bien connu.

CULTURE : “THE TREE OF LIFE”

Le cinquième opus de l’immense Terrence Malik vient d’être présenté à Cannes. « The Tree of Life» est une ode cosmique et mystique mettant en résonance la genèse de l'humanité avec la jeunesse difficile d'un garçon des années 1950 à Waco, Texas.

Après des études à Harvard et Oxford, le metteur en scène a tâté du journalisme (« The New Yorker ») et a philosophé (Heidegger, Wittgenstein). Maître de la « narration décentrée », il tourne avec de grands acteurs, souvent à la lumière naturelle. Il filme une Alberta édénique dans «Les Moissons du ciel ». «C’est une chose triste de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas » (Hugo). Esthète panthéiste, perfectionniste, Malik cultive un goût obsessionnel du secret. Des affinités électives avec Chris Marker, Andrei Tarkovski, Stanley Kubrick; du côté des peintres, Piero della Francesca, Georges de La Tour, Gauguin, Balthus peut être… Pour vivre heureux (et célèbres) vivons cachés. Les 4 premières symphonies pour mémoire: « Badlands » (La balade sauvage) 1973, «Days of Heaven» (Les moissons du ciel) 1978, « The Thin Red Line» (La ligne rouge)1998, « The New World » (Le nouveau Monde) 2005.

«Those rambling philosophical voiceovers; the placid images of nature, offering quiet contrast to the evil deeds of men; the stunning cinematography, often achieved with natural light; the striking use of music—here is a filmmaker with a clear sensibility and aesthetic who makes narrative films that are neither literary nor theatrical, in the sense of foregrounding dialogue, event, or character, but are instead principally cinematic, movies that suggest narrative, emotion, and idea through image and sound » (Chris Wisniewski, à propos de « Days of Heaven »).

Saint Augustin prétend que celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion. DSK, mélancoliquement, opine.

Sic transit gloria mundi.



Vendredi 20 Mai 2011 | Commentaires (0)
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