Extension de la clause d’arbitrage à des parties non signataires
Notre attention a été retenue par l’arrêt CA Paris pôle 1, ch. 1, du 5 mai 2011. Dans cette affaire la Cour d’appel confirme sa jurisprudence sur la validité et l’efficacité propres des clauses d’arbitrage dans les contrats internationaux. L’application de ces clauses peut être étendue aux parties non signataires directement impliquée dans l’exécution du contrat, voire des contrats, lorsqu’il en existe plusieurs pour une même relation d’affaires ou opération d’infrastructure, et donc aux multiples litiges qui peuvent en résulter. Les origines de l’affaire remontent à 1974 lorsque Dupont de Nemours et Rhône Poulenc avaient constitué la SNC Butachimie pour produire de l’adiponitrile . Par la suite, une filiale de Rhodia est venue aux droits de Rhône Poulenc et Dupont a cédé sa participation à une filiale d’Invista BV. Une procédure d’arbitrage CCI s’est soldée par une sentence partielle rendue au début de l’année 2010, le tribunal constitué s’est déclaré incompétent.
La Cour d’appel saisie d’un recours en annulation, pour étendre la clause d’arbitrage à des parties non-signataires, a considéré que les cessionnaires, donc les cocontractants actuels, avaient connaissance de la clause d’arbitrage, notamment par leur participation à l’exécution du contrat.
Cette jurisprudence constante rappelle le principe que la connaissance par une personne d’une clause d’arbitrage et son intervention à l’exécution du contrat litigieux qui contient la clause d’arbitrage sont de nature à lui imposer la clause. Ce principe n’est pas toujours reconnu par la Cour de la CCI, qui a une appréciation plus restrictive quant à la circulation des contrats. Il convient d’attendre si dans le cadre du nouveau règlement de la CCI, la position de la Cour évoluera, s’agissant notamment d’arbitrages multipartites.